Dildar Baykan,Nur Asena GÜLSOY
15 Septembre 2017•Mise à jour: 16 Septembre 2017
AA – Ankara
Plus de 70% des musulmans Rohingyas ont dû se déplacer de l'État d'Arakan depuis les années 1970, à cause de l'oppression systématique.
Les administrations birmanes les considéraient comme des «migrants venus du Bangladesh», de ce fait, les Rohingyas sont appelés «Bengalis» dans les papiers officiels.
A la suite de la loi adoptée en 1982, les musulmans d'Arakan ont été destitués de leurs droits civiques et sont depuis considérés comme étant des "apatrides".
Pour les Nations Unies (ONU), les Rohingyas sont parmi «les minorités religieuses les plus opprimées» du monde, et font l'objet d'actes de violence et de discrimination juridique, économique et sociale.
Au Myanmar où l'on reconnaît officiellement 135 groupes ethniques, les bouddhistes radicaux nationalistes s'opposent à la reconnaissance officielle des Rohingyas.
Des conflits se sont déclenchés entre les bouddhistes et les musulmans en 2012 dans l'État d'Arakan, faisant des milliers de victimes, dont la plupart sont de confession musulmane. Des centaines de maisons et de lieux de travail ont également été incendiés.
Les musulmans Rohingyas ont également été victimes de multiples violences et violations des droits de l'Homme perpétrées par l'Armée birmane, qui affirme avoir ainsi répliqué aux attaques qui avaient ciblé des postes policiers dans l'État d'Arakan, en octobre 2016.
Mais les opérations des soldats birmans ont principalement visé des civils.
En raison d'une oppression systématique, les musulmans Rohingyas ont dû trouver refuge dans les pays voisins.
D'après les estimations approximatives tirées des données de l'Organisation internationale de la Migration et des dirigeants des pays voisins, plus de 1,1 million de Rohingyas ont dû quitter leur territoire depuis les années 1970, jusqu'au début 2017.
Durant ces années, 400 000 Rohingyas sont partis au Bangladesh, 300 000 au Pakistan, 300 000 en Arabie saoudite, 55 000 aux pays du Golfe, et plus de 100 000 aux pays de l'Asie pacifique, surtout en Malaisie, et enfin quelque 10 000 Rohingyas se sont réfugiés en Inde.
Le rapport intitulé «Crise des Rohingyas» de la Direction générale européenne de la Protection civile et de l'Aide humanitaire, rattachée à la Commission européenne, précise que l'État d'Arakan comptait une population musulmane de 800 000 personnes au début 2017.
Le 25 août 2017 a marqué le durcissement de l'oppression contre les Rohingyas par l'armée birmane et les nationalistes bouddhistes. Depuis cette date, 370 000 musulmans Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh portant le nombre de réfugiés Rohingyas à 770 mille, selon les dernières données du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR).
Désormais, l'Etat d'Arakan ne compte plus que 430 000 Rohingyas, contre 800 000 environ, au début 2017.
Autrement dit, environ 1,5 million de Rohingyas se trouvent actuellement dispersés dans les pays de la région et depuis les années 1970, 77% des 1,9 million de Rohingyas ont quitté le Myanmar.
Le Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'Homme, Zeïd Raad al-Husseïn a critiqué le gouvernement birman de faire clairement usage de force disproportionnée contre les Rohingyas d'Arakan, notant que «la situation semble à un purge ethnique».
Quant au Conseil européen Rohingya (ERC), il estime que la situation relève d'un «génocide ralenti».