Zehra Nur Düz
22 Septembre 2021•Mise à jour: 23 Septembre 2021
AA / Ankara / Zehra Nur Duz
La Pologne a accusé, mardi, la Biélorussie de se préparer à faire transiter des milliers de migrants par sa frontière dans le but de la déstabiliser et de faire pression sur l'Union européenne.
"La Pologne subit depuis le début du mois d'août une pression croissante de la part des migrants, résultat des actions du régime d'Alexander Loukachenko", a déclaré Stanislaw Zaryn, le porte-parole des services de sécurité polonais, dans un communiqué publié par Radio Pologne.
Stanislaw Zaryn a déclaré que la Biélorussie a entrepris de créer une "route migratoire artificielle" dans le but de déstabiliser les régions frontalières biélorusse-lituanienne, biélorusse-latvienne et maintenant biélorusse-polonaise.
"Des organismes d'État biélorusses œuvrent à faire venir des migrants sur leur territoire, principalement en provenance du Moyen-Orient. Ils viennent de plus en plus fréquemment de Russie également. Ces activités sont systématiques et menées à grande échelle", a-t-il indiqué.
Zaryn a souligné que le président Loukachenko a fait venir des milliers de migrants en Biélorussie, ajoutant que le pays cherche de nouvelles filières permettant de faire passer les migrants vers les pays de l'UE.
Il a ainsi cité plusieurs discours de Loukachenko dans lesquels il affirmait être prêt à ouvrir une voie migratoire vers les pays de l'UE pour se venger du soutien apporté à la société civile biélorusse.
"Ce que nous voyons maintenant, c'est la mise en œuvre de plans hostiles visant l'Union européenne, et en particulier la Lituanie, la Lettonie et la Pologne. L'opération menée par la Biélorussie, avec le feu vert de la Russie, vise à déstabiliser les pays d'Europe centrale et l'ensemble de l'Union européenne", a-t-il souligné.
Le porte-parole des services de sécurité polonais a averti que la période à venir pourrait voir davantage de "provocations organisées et agressives" contre la Pologne.
Il a déclaré que la récente crise à la frontière orientale de la Pologne pourrait durer de nombreux mois.
Dimanche, quatre personnes ont été retrouvées mortes à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, a déclaré le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki aux médias à Varsovie.
En août, les pays de l'UE limitrophes de la Biélorussie - la Lituanie, la Lettonie et la Pologne - ont sollicité l'aide de l'Union face à l'augmentation spectaculaire du nombre de migrants irréguliers en provenance d'Irak, d'Afghanistan et de Syrie qui franchissent leurs frontières.
Ils ont accusé le président Loukachenko d'inviter intentionnellement des "touristes" originaires de pays qui constituent la principale source de migration vers l'UE, afin de se venger des sanctions prises à l'encontre de son gouvernement.
En juin, l’UE a interdit à tous les avions biélorusses le survol de son espace aérien et l'accès à ses aéroports, à la suite du détournement forcé d'un vol Ryanair vers Minsk et de la détention du journaliste biélorusse Raman Pratasevich et de sa compagne.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj