AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La France acceptera 24 000 réfugiés en l'espace de deux ans, conformément à la demande de la Commission européenne, a annoncé lundi le président français François Hollande.
S'exprimant lors de la 7e conférence de presse présidentielle tenue à l'Elysée, le président français a entamé son discours par la crise des réfugiés, évoquant notamment Aylan Kurdi, l'enfant syrien échoué la semaine dernière sur la plage turque. Face à cette crise "dramatique" et "grave", il faut répondre avec "humanité" et "responsabilité", a tranché le président Hollande.
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve réunira samedi les maires français pour la répartition des réfugiés dans le pays, a fait savoir à cet égard le chef de l'exécutif français.
Hollande est par ailleurs revenu sur le mécanisme d'accueil des réfugiés en Europe, un plan annoncé la semaine dernière conjointement avec la chancelière allemande Angela Merkel, insistant sur son caractère "permanent" et "obligatoire". L'accueil "volontaire" n'est plus viable, a-t-il estimé, fustigeant à cet égard la réticence, voire l'hostilité des pays de l'Europe orientale vis-à-vis des réfugiés.
Le président français s'est montré particulièrement critique des gouvernements hongrois et tchèque, qui ont suscité la polémique, avec la construction d'un mur à la frontière pour entraver le flux des migrants, ou encore le refus de l'accueil des réfugiés musulmans.
"Des pays voudraient faire des critères ethniques, accueillir certains et pas d'autres au nom de religions, bâtir des murs et ne pas prendre un seul réfugié. Que ces pays auraient-ils pensé il y a 30 ans si, à la chute du mur de Berlin, nous avions dit "non pas tout de suite, ne venez pas, prenez votre temps, restez où vous êtes". Non, nous avons dit "vous êtes des Européens, venez". Avec le principe des droits de l'homme", a renchéri Hollande.
Hollande a également préconisé une coopération renforcée avec les pays de transit ou d'origine des réfugiés, notant "Nous devons aider les pays de transit, pour aider à retenir et raccompagner. Ce sera l'enjeu des discussions avec les pays africains". A l'échelle européenne, l'Italie et la Grèce devront bénéficier de davantage de soutien, selon le président français, qui a annoncé à cet effet la mise en place des centres d'identification pour les réfugiés dans ces pays. Ces centres auront comme objectif de déterminer les individus qui relèvent du droit d'asile en Europe, a-t-il poursuivi.
D'autre part, Hollande a aussi fait part de son souhait d'organiser une conférence internationale sur les réfugiés, notamment à Paris.
"La question des déplacés, des réfugiés, touche aussi d'autres continents. Nous ferons la proposition d'une conférence internationale pour les réfugiés. Nous sommes prêts à l'accueillir à Paris", a-t-il indiqué.