AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La France "effectuera dès demain" des vols de reconnaissance et de renseignement en Syrie, notamment en vue d'une opération contre Daech, a annoncé lundi le président français François Hollande.
S'exprimant lors de la 7e conférence de presse présidentielle tenue à l'Elysée, le président français a déclaré que la lutte contre Daech serait intensifiée, tout en excluant pour le moment une opération au sol contre cette organisation terroriste. Selon Hollande, les vols de reconnaissance permettront à la France de garder son "autonomie de décision" et de "faire des frappes", en dehors de la coalition internationale qui mène d'ores et déjà des attaques aériennes contre Daech.
D'autre part, interrogé sur la possibilité d'une opération au sol contre Daech, conformément aux informations relayées par les médias français dans le weekend, Hollande a qualifié d'"inconséquent" et d'"irréaliste" que les troupes françaises interviennent militairement en Syrie.
"Je pense qu'il serait inconséquent et irréaliste d'envoyer des troupes françaises au sol. Parce que nous serions les seuls, parce que ce serait transformer une opération en force d'occupation. Nous ne le ferons pas, tout comme en Irak. Pas par principe - nous l'avons fait au Mali - mais en Irak et en Syrie, c'est au pays et aux voisins d'intervenir", a estimé le président français.
Le président français est ainsi revenu sur une "solution politique" en Syrie, avec le départ du chef d'Etat syrien, Bachar al-Assad, "à un moment ou un autre" dans la transition, contrairement à un départ "préalable", comme cela avait été requis par la France.
"Sur la transition, c'est un point essentiel. C'est ce qui justifie notre réserve par rapport à une action non maîtrisée en Syrie. Rien ne doit être fait qui pourrait favoriser ou maintenir Bachar Al-Assad. Son départ est posé, à un moment ou un autre, dans la transition", a-t-il noté.
La solution devrait par ailleurs inclure des échanges avec la Russie, l'Iran et les pays du Golfe, a insisté le président français. "La solution ne peut pas passer par le maintien de Bachar Al-Assad mais par un départ et la constitution d'un gouvernement d'union nationale, sans les groupes terroristes", a-t-il ainsi souligné.