Kemal Karadağ,Merve Yıldızalp,Aynur Ekiz,Ayvaz Çolakoğlu
12 Décembre 2018•Mise à jour: 13 Décembre 2018
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé le lancement, "dans les prochains jours", d’une intervention militaire turque en Syrie à l’Est de l’Euphrate, afin d’y déloger les terroristes du YPG/PKK.
Erdogan s’exprimait, mercredi, à l’occasion d’une réunion sur le thème de l’industrie de la défense, organisée au palais présidentiel à Ankara, la capitale turque.
Il a tout d’abord regretté l’obstination des États-Unis à vouloir coopérer en Syrie avec une organisation terroriste, le YPG/PKK, sous prétexte de vouloir lutter contre une autre organisation terroriste, que représente Daesh.
"Le nord de la Syrie est notre frontière sud. Ils travaillent pour former un corridor du terrorisme. Nous, nous disons qu'ils (YPG/PYD) sont des terroristes mais nos alliés stratégiques, dont les États-Unis, disent qu'ils n'en sont pas. Ils sont les branches du PKK, toutes les preuves sont là. Pourquoi n'agissez-vous pas avec nous mais avec eux?", a-t-il questionné, avant d’ajouter :
"Malgré des propos conciliants en face de moi, les Américains ont préféré pousser sur le terrain les terroristes séparatistes (YPG/PKK) contre Daesh. Dernièrement, ils ont pris des mesures afin de former 30 mille terroristes (YPG/PYD) dans cette région. Ils démentent malgré la possession de ces informations par tous les médias internationaux"
Le chef de l’État turc, a ainsi déploré la manque de franchise des américains, "une tactique de détournement non niable a été appliquée concernant Manbij. Et elle se poursuit toujours", a-t-il relevé.
"Ils (les États-Unis) ont, chaque jour qui passe, approfondi leurs relations avec l'organisation terroriste (YPG/PKK), au point de placer leur drapeau à côté du chiffon de ces derniers et au point de mettre en place des patrouilles conjointes et de les former", a-t-il expliqué.
Pour Erdogan, les États-Unis ont failli aux règles qui régissent l’entente entre deux alliés en protégeant des terroristes du YPG/PKK dans le Nord de la Syrie.
"Les systèmes de radars et les points d'observations installés par les États-Unis ne sont pas destinés à protéger la Turquie du terrorisme, mais de protéger les terroristes de la Turquie", a-t-il fustigé.
Le leader turc a insisté sur les risques que fait porter la situation dans le Nord de la Syrie à la sécurité nationale de la Turquie, assurant qu’une réponse y sera apportée rapidement.
"Nous avons déjà indiqué que nous allions lancer notre opération dans quelques jours, pour libérer l'Est de l'Euphrate, nous le réitérons", a-t-il tonné.
Et Erdogan de poursuivre :
"Alors que nous lancions nos avertissements au sujet de l'Est de l'Euphrate, dans le même temps, nous avons terminé nos préparatifs".
Le président turc a notamment rappelé que Daesh ne représentait plus de danger en Syrie, refusant que cette organisation soit montrée comme prétexte par les États-Unis pour justifier le soutien au YPG/PKK.
"Daech ne représente plus aucune menace en Syrie. A nos yeux, c'est une fable. Il est question d'une zone de 150 km2 où Daech serait encore actif. Si c'est ça tout le problème, nous sommes prêts à les neutraliser", a-t-il lancé.
"Nous avons contré une crise humanitaire à Idleb. Il est temps maintenant de disperser les amas de terrorisme à l'est de l'Euphrate", a conclu Recep Tayyip Erdogan.