AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, pourra, dès lundi, utiliser son pouvoir constitutionnel pour appeler à de nouvelles élections législatives, au terme du délai légal de 45 jours pour former un gouvernement.
Les négociations entre les différents partis représentés au parlement turc, n’ayant pas abouti à un accord de coalition, le Président Erdogan devrait décider de la tenue de nouvelles élections.
Lors des élections du 7 juin, aucun parti n’avait obtenu la majorité nécessaire pour gouverner seul, remettant à l’ordre du jour de la Turquie, la question de coalitions.
Conformément à la tradition politique en vigueur, Le Président de la République avait chargé la président du parti arrivé en tête, la Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti), Ahmet Davutoglu, de former un gouvernement.
Les négociations se sont rapidement concentrées autour de l’AK Parti et le Parti Républicain du Peuple (CHP).
Les délégations des deux partis se sont rencontrées à plusieurs reprises pour échanger sur les priorités de chacun.
Après 35 heures de discussions, les deux leaders, Ahmet Davutoglu et Kemal Kilicdaroglu se sont rencontrés.
Le 13 août, les présidents de l’AK Parti et du CHP ont convenu qu’aucun terrain d’entente ne permettait aux deux partis de former ensemble une coalition gouvernementale.
Le Parti de l’Action Nationaliste (MHP) a très vite fermé la porte à une quelconque formule gouvernementale, de coalition ou électorale, refusant de prendre part à un gouvernement.
Dans ce contexte, à cinq jours de la fin du délai de 45 jours, Ahmet Davutoglu a rendu le mandat de former le gouvernement au Président Erdogan qui l'en avait chargé.
Erdogan aurait pu confier cette tâche au leader de la formation politique arrivée en deuxième position.
Mais considérant le délai trop court et les déclarations de chacun, le Président de la République a décidé de ne pas le faire.
Ainsi, dimanche, le délai des 45 jours s’est achevé, et pour la première fois de l’histoire de la République turque, un président va pouvoir user de ce droit, permettant le renouvellement des élections.
Selon l’article 116 de la constitution, le Président de la République, en concertation avec le Président du Parlement, peut décider du renouvellement des élections législatives.
Un Conseil des ministres temporaire devra alors être formé dans les 48 heures et sa composition publiée dans le Journal Officiel.
A partir de cette date, les élections doivent se tenir le premier dimanche qui suit les 90 jours de délais. Mais le Conseil Supérieur Electoral (YSK) envisage de réduire cette durée à 60 jours.
Selon la constitution, le Président de la République devra nommer un nouveau premier ministre chargé de former un gouvernement électoral.
Un tel gouvernement devra regrouper des membres des partis représentés au parlement, au prorata des députés, ainsi que des personnalités externes au parlement, pour les postes de ministres de la Justice, de l’Intérieur et du Transport.
Si des députés refusent de participer au gouvernement ou se retirent par la suite, il sera possible de nommer d’autres ministres parmi les autres élus du parlement ou de l’extérieur.
Un gouvernement électoral n’est pas soumis au vote de confiance.
Il sera en poste jusqu’à la fin des élections et la formation d’un nouveau gouvernement.
Les membres du Conseil des ministres sont choisis par le Premier ministre. Le Président de la République peut s’opposer à certains noms et demander de nouvelles nominations.
Le YSK, qui a débuté ses travaux en vue de nouvelles élections, a proposé aux partis de tenir les élections le 1er novembre 2015.
Le Président Erdogan avait également déclaré, le 21 aout, espérer la tenue de nouvelles élections à cette date.