L’ONU met en garde contre un Soudan du Sud "au bord du gouffre", sur fond de violences et de crise humanitaire
- Plus de 280 000 personnes ont été déplacées par les combats dans le seul État de Jonglei, a affirmé Jean-Pierre Lacroix
Ontario
AA / Hamilton, Canada / Merve Aydogan
L’ONU a averti mardi que le Soudan du Sud fait face à une recrudescence des violences et à une aggravation de la crise humanitaire, appelant les dirigeants politiques « à reculer du bord du gouffre et à reprendre le dialogue ».
S’exprimant devant le Conseil de sécurité, le secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a évoqué une recrudescence des affrontements, notamment dans l’État de Jonglei, entre forces gouvernementales et groupes d’opposition, dans un contexte de grande fragilité politique et sécuritaire.
Selon lui, les violences ont provoqué de nouveaux déplacements de civils, ravivant le souvenir des conflits de 2013 et 2016. D’après les autorités, plus de 280 000 personnes ont été déplacées par les combats dans le seul État de Jonglei.
Jean-Pierre Lacroix a également alerté sur les risques croissants pour les travailleurs humanitaires, rappelant que le Soudan du Sud figure parmi les pays les plus dangereux pour l’action humanitaire. En 2025, 350 attaques visant le personnel et les installations humanitaires ont été recensées, contre 255 l’année précédente.
Il a en outre souligné les restrictions persistantes à l’accès humanitaire, en particulier dans les zones contrôlées par l’opposition, alors que le pays fait face à sa pire épidémie de choléra depuis des années, avec plus de 98 000 cas signalés depuis septembre 2024.
Évoquant les attaques récentes contre l’aide humanitaire, il a indiqué que des barges transportant des fournitures essentielles pour 73 000 civils avaient été attaquées et pillées fin janvier dans l’État du Nil Supérieur, alors que plus de 10 millions de personnes ont besoin d’assistance dans le pays.
Concernant la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS), il a averti que les mesures de réduction des coûts limitaient les capacités opérationnelles de la mission, malgré des besoins croissants, tout en soulignant son rôle dissuasif et essentiel pour la protection des civils et le soutien au processus de paix.
Jean-Pierre Lacroix a enfin appelé la communauté internationale à soutenir les efforts diplomatiques régionaux, exhortant les acteurs politiques sud-soudanais à revenir au dialogue.
* traduit de l'anglais par Ayse Betul Akcesme
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