Lassaad Ben Ahmed
23 Février 2021•Mise à jour: 23 Février 2021
AA / Montréal / Hatem Kattou
Les députés canadiens ont adopté, lundi, une motion non-contraignante déposée par les Conservateurs, appelant la chambre des communes (chambre basse du Parlement) à reconnaître le traitement réservé par Pékin aux Ouïghours musulmans comme « génocide », ont rapporté des médias locaux.
Au cours de la séance parlementaire, le Premier ministre Justin Trudeau (Libéral) et les membres de son gouvernement se sont abstenus de voter la motion déposée par la première force d’opposition, tandis que les députés libéraux ont voté pour.
Dans le système politique canadien, le Premier ministre fédéral et les membres de son cabinet sont tous des députés ayant remporté leurs circonscriptions aux élections législatives.
Anticipant ce vote annoncé, Trudeau avait affiché, la semaine écoulée, une attitude « prudente ».
« Le terme génocide est très chargé et il doit être utilisé avec prudence. Néanmoins, je reconnais qu'il ne fait aucun doute qu'il y a eu d'énormes violations des droits de la personne dans le Xinjiang », a souligné Trudeau.
La motion a été approuvée par 266 votes, soit l’ensemble des députés présents à l’hémicycle à Ottawa, à l’exception des ministres présents.
Les parlementaires ont approuvé un amendement à la motion, déposé par le Bloc Québécois (deuxième force de l’opposition) qui réclame au Comité International Olympique (CIO) de tenir les Jeux Olympiques d’hiver de 2022, initialement prévus en Chine, en dehors de ce pays « si le génocide se poursuit ».
Présents à la séance parlementaire, en visioconférence, des membres de la communauté ouïghoure établis au Canada ont demandé au gouvernement fédéral d’apporter son appui à la motion.
Cette position a été soutenue par des députés conservateurs estimant que cette attitude « enverra un signal fort à Pékin ».
« Nous ne pouvons plus ignorer cela et nous devons appeler les choses par leur nom : il s'agit d'un génocide », a martelé Michael Chong, porte-parole du Parti Conservateur pour les Affaires étrangères.
« Une multitude d'images satellites, de vidéos et de documents passés en contrebande, mais aussi des récits d'Ouïghours évadés et des reportages par les principaux journaux américains documentent de façon crédible les atrocités commises par le régime chinois contre la minorité Ouïghoure », a ajouté le parlementaire canadien.
Bien que ce vote soit symbolique, il n’en demeure pas moins qu’il exacerbera des relations déjà tendues entre le Canada et la Chine depuis plus de deux ans.
Ottawa estime que Pékin détient, arbitrairement, deux ressortissants canadiens en réaction à l’arrestation, à Vancouver, du numéro deux du géant chinois Huawei, à la demande de Washington.