AA/Bangkok / CS Thana et Max Constant
Le gouvernement thaïlandais a confirmé, jeudi, avoir expulsé 90 migrants ouïghours musulmans vers la Chine.
Le porte-parole du gouvernement Weerachon Sukondhapatipak a confirmé, par téléphone à Anadolu, que les Ouïghours ont été expulsés «conformément au protocole» puisque le gouvernement a déterminé qu’ils étaient originaires de la Chine.
Weerachon a confirmé que le gouvernement thaïlandais avait également expulsé vers la Turquie 173 Ouïghours, le 23 juillet dernier.
Le Congrès mondial des Ouïghours, une organisation qui affirme s’exprimer au nom de la diaspora ouïghoure, a protesté contre la mesure en déclarant que les 90 réfugiés renvoyés allaient devoir faire face à une possible persécution et à des châtiments de la part du gouvernement chinois à leur retour.
L’organisation humanitaire Human Rights Watch (HRW) s’est également élevée contre la mesure en la qualifiant de “violation flagrante”.
Une foule s’est amassée durant la nuit de mercredi à jeudi devant le consulat thaïlandais à Istanbul lorsque la nouvelle de l’expulsion des Ouïghours s’est répandue.
Certains des protestataires auraient réussi à s’introduire dans le bâtiment consulaire, selon certaines informations, et auraient brisé des fenêtres et baissé le drapeau national de la Thaïlande.
Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a confirmé l’attaque dans un communiqué rendu public jeudi, avant d’émettre une alerte aux Thaïlandais vivant en Turquie sur de possibles représailles.
Les Ouïghours, minorité musulmane turcophone de Chine, ont, à plusieurs reprises, accusé le gouvernement chinois de violations des droits de l’Homme, de discrimination et de politiques réprimant leurs activités religieuses, commerciales et culturelles.