AA/Abidjan (côte d’Ivoire)/Yao Fulbert
La Côte d’Ivoire compte à ce jour, 384 prisonniers politiques liés à la crise postélectorale de 2010-2011, a indiqué mercredi le porte-parole du gouvernement ivoirien, Bruno Koné, à l’issue d’un conseil des ministres à Abidjan.
" Il y en avait 659, 275 bénéficient d’une liberté provisoire, 384 sont maintenus en détention parce que pris en flagrant délit au moment des attaques entre la fin de la crise et la fin 2012", a déclaré Bruno Koné, lors d’un point de presse tenu après le conseil des ministres.
Selon Koné, les personnes qui restent "incarcérées sont accusées d'atteinte à la sûreté de l'Etat", annonçant par ailleurs que 250 dossiers ont été examinés lors des premières assises sur la crise postélectorale.
Avant ce bilan du gouvernement, le 3 juillet dernier, le président du Front Populaire Ivoirien, principal parti d’opposition, Affi Nguessan avait estimé "qu'entre 700 et 1 000 de ses sympathisants sont détenus, et certains dans des conditions déplorables".
"Certains de ces prisonniers sont détenus dans des lieux tenus secrets, et sont soumis à des tortures, à des traitements inhumains et dégradants, affirmait-il. Les conditions sanitaires sont déplorables. Il y a des morts. Et donc il y a des grosses questions de droits de l’Homme dans les prisons ivoiriennes", avait dit M. AFFI, lors d’une conférence de presse.
La plupart de ces prisonniers sont issus de la crise ivoirienne dite postélectorale de 2010-2011 qui débute après le second tour de l'élection présidentielle ivoirienne de 2010, le premier scrutin depuis 10 ans, dont le résultat amène à un différend électoral, à la suite de fraudes présumées. Les partisans du candidat, Laurent Gbagbo, président sortant et d’Alassane Ouattara s’affrontent. La Commission d'enquête nationale mise en place après l'investiture de Ouattara estime le nombre de morts total à 3 248 (1 452 morts imputées au camp Gbagbo, 727 au camp Ouattara et 1 069 non attribuées à un camp ou l'autre en raison de problèmes d'identification des victimes).