Esma Ben Said
19 Janvier 2016•Mise à jour: 20 Janvier 2016
AA/Bujumbura/Jean Bosco/Yvan Rukundo
Le dialogue inter-burundais en vue d’une sortie de crise politico-sécuritaire, a débuté, mardi, à Kirundo, dans le Nord-Est du pays, sans la présence de l’opposition, a appris Anadolu de source politique.
Tandis que le dialogue sous la médiation du Président Ougandais Yoweri Museveni Kaguta est en panne, depuis plus de deux semaines, un premier rendez-vous devant mener à la décrispation, selon Bujumbura.
Ce dialogue interne s’est ouvert sous l’égide de la Commission nationale de dialogue interburundais (CNDI) en présence de près de 500 personnes dont, des représentants du peuple, des religieux, des membres de la Société civile, mais sans l’opposition, a appris Anadolu auprès de la CNDI.
D’après le président de la Commission, Justin Nzoyisaba, cette première rencontre qui durera toute la journée portera sur une réflexion autour «du remède à trouver pour éviter que toutes les élections soient suivies de violences au Burundi comme cela est le cas».
La modification de la Constitution, la révision de l’ Accord d’Arusha, le code électoral et la souveraineté nationale, seront au cœur des débats, d’après les intervenants rencontrés par Anadolu.
Après de premières assises à Kirundo, la CNDI se rendra jeudi à Gitega (Centre) et vendredi dans les provinces Rutana (Sud-est), Kayanza (Nord) et en mairie de Bujumbura, selon le programme diffusé par la Commission.
L’opposition a dénoncé pour sa part «une mascarade», pour justifier son boycott, estimant que ces concertations ne sont qu’une parade des autorités pour "saboter le dialogue" voulu par la communauté internationale, qui se trouve dans l'impasse.
Ces assises interviennent la veille de l’arrivée d’une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU au Burundi, dont l’objectif est de pousser Bujumbura de participer, « sans condition », aux pourparlers sous l’égide d’une médiation ougandaise, aujourd’hui au point mort.
Des pré-concertations avaient eu lieu le 28 décembre dernier à Entebbe en Ouganda. Elles avaient réuni autour du médiateur et président ougandais, une délégation gouvernementale burundaise, une délégation de l'opposition burundaise, des membres de la société civile ainsi que quatre anciens présidents du Burundi.
Ces concertations devaient reprendre début janvier à Arusha en Tanzanie mais elles ont finalement été reportées à une date ultérieure indéterminée alors que le gouvernement a clairement signifié son refus de se mettre à la même table avec l'opposition radicale.
L'objectif de ce dialogue est de sortir le pays d'une grave crise politique et sécuritaire qu'il connaît depuis avril dernier, date d'une candidature controversée du Président Pierre Nkurunziza à un nouveau mandat, et qui ne cesse de s’accentuer.
Lundi soir, de nouvelles violences ont éclatées dans la capitale, où trois personnes ont été abattues à Bwiza, non loin du centre-ville, selon des sources policières jointes par Anadolu.
Parmi les victimes, figurent un officier de la police et un fonctionnaire du ministère de l'éducation, selon la même source.
Au total, plusieurs centaines de morts, plusieurs milliers de déplacés et réfugiés ont été enregistrées, en l’espace de huit mois, selon des sources humanitaires.