AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
De nombreux manifestants ont investi mardi quelques rues de la capitale burundaise Bujumbura, alors que d’autres protestataires contre le 3e mandat de Pierre Nkurunziza assistaient à l’enterrement d’un manifestant tué vendredi, a rapporté un correspondant d’Anadolu.
«Theogène Niyondiko que nous allons accompagner à sa dernière demeure fait partie de la cinquantaine de nos héros tués par ceux que nous payons pour nous protéger; ces héros qui se battent pour notre dignité», a déclaré à Anadolu Pacifique Nininahazwe, Président du Forum pour le renforcement de la société civile et un des organisateurs des manifestations opposées à la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat.
Ces manifestants ont, en outre, répondu aux appels de l’opposition et de la société civile à descendre dans la rue, après l’annonce, lundi soir, par la Commission électorale nationale indépendante "Ceni" du nouveau calendrier électoral.
Cette annonce n’a, de toute évidence, pas fait fléchir le mouvement anti-troisième mandat de Pierre Nkurunziza, après la trêve du week-end.
Dans les communes urbaines de Mutakura et Cibitoke, au nord de Bujumbura, de jeunes manifestants ont massivement défilé dans les rues. «Nous faisons face à une répression farouche de la part des policiers qui tirent à balles réelles pour nous éloigner de la route principale vers les ruelles, avant d’engager la poursuite», a indiqué à Anadolu, Prosper Nzokira, jeune manifestant de Cibitoke.
En commune urbaine de Nyakabiga, des jeunes ont tenté de brûler des pneus dans les rues pour barrer les routes, mais les policiers ont tiré
en l’air pour les disperser. Policiers et militaires quadrillaient tôt ce mardi matin, les communes urbaines de Musaga et Kanyosha, autres grands foyers de la contestation, pour empêcher tout rassemblement.
Après l’annonce, lundi, par la Commission électorale nationale indépendante «Ceni» d’un nouveau calendrier électoral, reportant les élections législatives du 5 juin au 13 juillet prochain, la présidentielle du 26 juin au 13 juillet et fixant le scrutin sénatorial au 24 juillet, les manifestations ont repris de plus belle après une trêve de trois jours (samedi-mardi). Cette trêve a été rompue par les manifestants, lundi en réaction à l’appel lancé par le Conseil national de sécurité à la population lui recommandant de reprendre les activités dès lundi (08 juin).
L’officialisation d’une 3ème candidature du Président Nkurunziza aux élections présidentielles de 2015 au Burundi a déclenché, dès le 26 avril, un
mouvement de contestation émaillé de violences qui ont jusque-là fait au moins 48 morts, selon un décompte d’Anadolu établi auprès de sources sécuritaires, humanitaires et de l’opposition et poussé près de 100.000 Burundais à fuir vers les pays voisins.