Lassaad Ben Ahmed
31 Janvier 2018•Mise à jour: 01 Février 2018
AA/ Lomé/ Alphonse Logo
Les hôpitaux sur l’ensemble du territoire togolais restent fermés mercredi et jeudi à l’appel du, syndicat national des praticiens hospitalier du Togo, Synphot.
C’est une grève motivée «par le manque de personnel, des infrastructures vétustes et désuètes, des équipements qui ne permettent pas d’accomplir des soins de qualité et l’absence de mesures de santé-sécurité au travail pour le personnel soignant», a argué mercredi à Anadolu Dr Gilbert Tsolégnanou, adjoint du secrétaire général du Synphot.
Seul un service minimum est garanti dans tous les hôpitaux publics du pays durant ces deux jours.
«Nous parlons d’urgence seulement quand le pronostic vital est engagé. En ce moment, nos agents prendront en charge les patients», explique à Anadolu Dr Tsolégnanou en évoquant, par exemple, les accouchements.
«Dans ce cas, la femme sera automatiquement prise en charge. Il s’agit là, de deux vies qui sont en jeu. On ne peut pas badiner avec», affirme-t-il.
«Ceux qui n’ont pas besoin d’une prise en charge en urgence, sont simplement priés de bien vouloir ne pas faire le déplacement dans les hôpitaux».
«Dès vendredi, nous reprendrons le travail et nous verrons ce que nous pouvons faire pour eux», a affirmé Tsolégnanou
Ces grèves du corps soignant du Togo font suite à plusieurs sit-in depuis le début de cette année 2018.
Le 3 janvier dernier, par exemple, jour du tout premier sit-in, les praticiens hospitaliers ont déclaré être «fatigués de voir des patients mourir sans pouvoir les sauver».
Tsolégnanou qualifie le CHU «Sylvanus Olympio» de Lomé de «mouroir» et affirme leur volonté de voir les hôpitaux togolais répondre aux normes et standards modernes, «pour ne pas être obligés au quotidien de faire des miracles pour trouver des solutions aux problèmes des malades».
Ces miracles, selon lui, «c’est de concilier ce qu’il ne faut pas pour régler des problèmes de santé des patients, c’est pouvoir trouver des brancards pour déplacer un malade, parce qu’il n’y en a pas. Aujourd’hui, au 21e siècle on peut éviter de faire ça et faire de la vraie médecine».
Depuis sa création en 2005, le Synphot met la pression sur l’Etat togolais pour doter le pays d’un système de santé de qualité.