Nadia Chahed
13 Juin 2018•Mise à jour: 13 Juin 2018
AA/N'djamena/Mahamat Ramadane
Les professions libérales judiciaires tchadiennes ont reconduit pour une semaine et pour la troisième fois consécutive, leur mouvement de grève entamé le 31 mai dernier pour exiger la traduction en justice du gouverneur de la région du Logone oriental (sud), déjà démis de ses fonctions, et de ses complices, tous impliqués dans l'agression d'un avocat le 22 mai dernier.
Interrogé par Anadolu, Alain Kagonbe, membre du bureau exécutif de l’Ordre des avocats du Tchad, a déclaré que cette décision a été prise à l’issu d’une assemblée générale conjointe des professions libérales judiciaires du Tchad, tenue mercredi au palais de la justice de N’Djamena.
"En dépit de plusieurs rencontres des syndicats avec les membres du gouvernement, notamment le ministre de la Défense et le conseiller juridique du chef de l’Etat, nos revendications n'ont toujours pas été satisfaites", a-t-il indiqué à Anadolu.
Le conseiller juridique du chef de l’Etat, Philippe Houssine, avait pourtant affirmé aux représentants des corporations judiciaires libérales du Tchad, qu'il reçu lundi, que "les auteurs et complices de la tentative d’assassinat du 22 mai 2018 à Doba ( sud) seront mis à la disposition de la justice", a souligné Kagonbe, ajoutant que "les mêmes promesses ont été faites par le ministre de la Défense qui s’est engagé à destituer et à livrer à la justice les militaires impliqués dans ce forfait".
Par ailleurs, l’ancien gouverneur du Logone oriental, Adam Charfadine Noucky, limogé le 6 juin par le chef de l’Etat, a été auditionné, mercredi, par la police judiciaire de Moundou.
Le commandant de la légion de gendarmerie du Logone oriental et son adjoint, également démis de leurs fonctions, seront transférés dès cette semaine à N’Djamena pour être interrogés par la police militaire.
Mais les professions libérales judiciaire du Tchad ne comptent suspendre leur grève qu’après la traduction effective en justice de l’ancien gouverneur de la région du Logone oriental, de l’ancien commandant de la légion de gendarmerie dans cette région et de son adjoint.