AA/N'djamena/Mahamat Ramadane
A moins d'un mois de la date du 04 octobre, qui devrait initialement marquer le démarrage du processus électoral en RCA, c'est le flou total qui continue à entourer cette épineuse question.
Les elections auront-elles lieu aux dates prévues, seront elles reportées d'un mois ou plutôt d'une année? autant de scénarios possibles qui ont chacun ses avantages et ses inconvénients, selon Kag Sanoussi, Président de l'Institut International de Gestion des Conflits (IIGC-France).
En effet si la difficulté de tenir les élections dans les délais préétablis soit le 18 octobre pour le premier tour de la Présidentielle et les Législatives, le 22 novembre pour le second tour et le 04 octobre pour le Réferendum constitutionnel (plusieurs facteurs sont en cause dont principalement le retard accusé au niveau de la finalisation des listes électorales), ne fait plus de secret pour personne et a, même, été reconnue par plusieurs responsables centrafricains, aucune partie ne se prononce clairement sur le sujet ni n'avance un nouveau calendrier.
"Dans les coulissses, tout le monde parle d'un nouveau report" a, d'ailleurs, affirmé à Anadolu une source gouvernementale préférant garder l'anonymat ajoutant que l'autorité chargée des élections se penchait à la préparation d'un nouveau calendrier.
De son côté l'Autoritré nationale des élections (ANE) avance que la tenue des élections dans les dates établies reste possible en dépit des difficultés. Son porte parole Julius Ngouadébaba avait déclaré au début du mois de septembre que les élections de sortie de crise s'orgnisent toujours dans des conditions particulières et difficiles affirmant que malgré tout les échéances peuvent être respectées assurant que son institution s'y attablait.
Interviewé par Anadolu, Kag Sanoussi, Président de l'IIGC, déclare que le maintien des élections aux dates préfixées est l'un des scénarios possible qui s'offre actuellement à la RCA notant que "Cela suppose un consensus de toutes les parties qui devraient convenir que les consultations ne puissent pas se faire dans les zones où l'insécurité règne et acceptent, ainsi, que les élections se tiennent avec des listes électorales imparfaites et ou incomplètes".
Une telle décision signifie, selon lui, "miser fortement sur la suite avec un Exécutif et un Législatif sortis des urnes. Cette légitimité (bien que résultant d’une partie de la population) pourrait permettre aux autorités de disposer de plus de moyens, d’une plus grande liberté d'action que l'actuel gouvernement de transition n'a pas pu avoir".
Entre l'ANE qui défend la tenue des élections dans les délais et les bruits qui courent sur le report "incontournable" des élections, la situtaion est pour le moins qu'on puisse dire inextricable laissant la porte ouverte à toutes spéculations.
D'une part il y a ceux qui reconnaissent qu'il est inévitable de décaler les dates des scrutins en veillant, toutefois, à ne pas déborder au delà de la date du 31 décembre qui met fin à la transition, à l'instar du porte-parole du gouvernement, Dominique Saïd Paguindji, qui l'a confirmé sans donner des précisions sur de nouvelles dates soulignant que "tout le processus sera terminé avant la fin de la période de transition" et de l'autre ceux qui estiment que le respect de ce délai est "illusoire" vu les retards accusés au niveau de la prépartion des listes électorales et de la péraparation logistique des scrutins. Un retard qui impliquerait, selon eux, une prolongation de la Transition fixée par les partenaires internationaux et la constitution.
S'exprimant le 08 septembre à l'occasion d'une conférence de presse à Bangui, Hervé Ladsous, Secrétaire général Adjoint des Nations unies a, pour sa part, affirmé que la fin de la transition politique en République centrafricaine (RCA) aura bien lieu le 31 décembre prochain, "une échéance intouchable", a-t-il souligné.
"Si les élections seront vraisemblablement reportées, elles le seront à l'intérieur de l'échéance de fin de la transition", fixée pour le 31 décembre prochain, a-t-il encore ajouté.
Une position également partagée par le président du Conseil National de transition, Alexandre Ferdinand Nguedetn qui a récemment déclaré que les dates prévues étaient "intenables".
Se penchant sur les autres options qui s'offrent à la RCA, le président de l’IIGC, rappelle que la première bien que difficile est encore de mise consiste à tenir les élections dans les délais établis en octobre alors que les deux autres options consistent en un report soit d'un mois soit d'une année.
Il explique que l'un des scénarios possible consiste à décider un report d'un mois et de tenir les élections à la mi novenbre. "Une décision qui aura selon lui pour avantage de contourner la période des pluies, et de permettre ainsi une participation optimale des populations aux scrutins".
Il note, par ailleurs, que les forces internationales de la MINUSCA devraient oeuvrer durant cette période à maitriser les "bandes armées qui continuent à semer le désordre en RCA", ajoutant que "ce petit délai supplémentaire pourrait également être mis à profit pour parachever les opérations d'enregistrement électoral bien qu'il sera insuffisant pour rétablir totalement la sécurité dans le pays et permettre une libre circulation des personnes sur l'ensemble du territoire, ce qui laisse planer le risque qu'une partie de la population ne puisse pas participer aux élections".
L'autre option qui s'offre à la RCA selon Sanoussi, celle qu'il qualifie de "grand pas", consiste en un report d'au moins un an avec une prolongation de la période de transition. Un choix qui saura selon lui "permettre de se pencher sur les grands dossiers tels le redressement des Forces Armées, le rétablissement de la confiance avec le peuple et la consécration de la sécurité sur tout le territoire tout en oeuvrant à bien préparer les listes électorales, à repenser le découpage électoral et à réconcilier les Centrafricains".
l'expert qui se dit, malgré tout optimiste quant à l'avenir de la RCA, recommande l’Instauration d’un dialogue sincère autour des différents sécanrios envisagés tout en gardant en tête la situation du pays.
Il reste, néanmoins, convaincu que tous les scénarios possibles ne peuvent, seuls, et sans une réelle réconciliation nationale et un apaisement des coeurs mettre le pays sur le bon chemin.