Nadia Chahed
24 Janvier 2017•Mise à jour: 24 Janvier 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L’ONG Américaine Human Right Watch ( HRW) a dénoncé, lundi, l’expulsion par Kinshasa, de l'une de ses chercheuses pour l'Afrique.
" Le fait de délivrer à Ida Sawyer un visa pour le révoquer 15 jours plus tard remet en question l’engagement du gouvernement congolais à inverser le climat de répression qui règne dans le pays", a déclaré Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch, cité dans un communiqué de l’ONG.
« Nous espérons que la situation sera rapidement résolue et qu’Ida Sawyer sera bientôt autorisée à retourner en RD Congo pour y mener ses travaux sans interférences », a poursuivi le responsable dans le même communiqué dont Anadolu a eu copie.
Entrée en RDC, par la ville de Goma dans l’Est, Ida Swayer a été renvoyée le 20 janvier dernier, après avoir été notifiée qu’elle était considérée comme un « cas spécial » nécessitant une autorisation écrite du directeur général de migration avant de solliciter un visa.
Sawyer avait pourtant annoncé un jour plus tôt avoir été de nouveau autorisée à séjourner en RDC
En août 2016, Kinshasa avait refusé de renouveler le visa de la chercheuse, près de deux ans après la publication par HRW d’un rapport sur les violations des droits de l’Homme par la police nationale congolaise dans une opération spéciale (Likofi) contre le banditisme urbain à Kinshasa.
Contacté par Anadolu , le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a accusé la chercheuse de HRW d’être entrée en RDC de façon « frauduleuse ».
"Il n y a rien à dire, elle est entrée dans ce pays avec un visa obtenu en Belgique de façon très frauduleuse, et c’est pour cela qu’elle a été renvoyée, avec égards, par nos services dans l’Est", a-t-il précisé.
Cette expulsion intervient pendant que le pays traverse une crise politique due au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila (au pouvoir depuis 2001) faute de la tenue de l’élection présidentielle en novembre 2016.
Un accord politique signé 31 décembre dernier sous médiation des évêques catholiques dans ce pays a légitimé son maintien au pouvoir et attribué la primature au Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, la large coalition réunie autour de l’opposant historique Etienne Tshisekedi.