Mohamed Safwene Grira
24 Janvier 2017•Mise à jour: 25 Janvier 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Le camp présidentiel et l’opposition politique en République démocratique du Congo (RDC) ont trouvé un compromis sur la gestion du Conseil national de suivi de l’accord signé le 31 décembre dernier pour une transition dans le pays.
Les négociateurs des parties prenantes «sont tombés d’accord sur la constitution de la plénière de cette institution de suivi et surveillance qui sera dirigée par l’opposant historique Etienne Tshisekedi", a déclaré lundi soir à la presse l’Abbé Donatien N’shole, secrétaire général de l’épiscopat congolais (CENCO) qui assure la médiation dans la crise politique dans ce pays.
Sur les 28 membres de cette institution, la majorité présidentielle aura 9 délégués, la société civile 3 et les diverses franges de l’opposition auront le reste (16 délégués » a précisé à Anadolu Ramazani Shadari vice premier ministre congolais de l’intérieur et l’un des négociateurs du camp présidentiel.
Tant le Rassemblement pour les forces acquises au changement (6 délégués), principale plateforme de l'opposition, que le Front commun pour le respect de la Constitution (4 délégués) longtemps réfractaires à la signature de cet accord tout comme d'autres franges de l'opposition (4 délégués) sont représentés au sein de cette institution. Deux places échoient, enfin, à l'opposition dite "participative".
Le conseil national de suivi de l’accord (CNSA) est une institution créée pour surveiller la mise en application dudit accord politique et assurer le suivi du processus électoral devant aboutir à des élections en fin d’année.
Ce compromis est intervenu après que la médiation a déclaré dimanche craindre que l'accord de transition ne vole en éclats, face aux blocages relevés dans les discussions.
Les négociations vont se poursuivre au-delà de l’ultimatum de la médiation qui avait fixé la fin des discussions sur "l'arrangement particulier" à samedi dernier.
Des différends persistent sur le partage des postes au sein du gouvernement de transition qui doit compter 46 ministres ainsi que sur le mode de désignation du Premier ministre qui doit être issu des rangs du Rassemblement.
La RDC traverse depuis des mois une grave crise politique née de l'impossibilité d'organiser la présidentielle dans les délais constitutionnels. Ce scrutin devait consacrer l'alternance dans ce pays, le plus grand de l'Afrique subsaharienne, le président Joseph Kabila arrivant au terme de son dernier mandat constitutionnel.
Un accord politique signé 31 décembre dernier a institué une période de transition courant jusqu'en décembre prochain, sous un gouvernement d’union nationale dirigée par l'opposition.