Nadia Chahed
20 Février 2018•Mise à jour: 20 Février 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Une personne a été tuée et plus de 100 maisons ont été incendiées mardi lors de nouvelles échauffourées entre deux communautés rivales à Mutanda dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) a appris Anadolu de sources administratives locales.
Les violences ont éclaté au lendemain de l’assassinat par de présumés éléments Hutu Nyatura d’un membre de la communauté Nande qui se rendait au champ.
"Une personne a été tuée lors de heurts entre les éléments des deux communautés rivales ce matin et plus de 100 maisons ont été incendiées", a déclaré à Anadolu Francis Bakundakabo fonctionnaire délégué du gouverneur de la province du Nord-Kivu à Mutanda dans le territoire de Rutshuru, frontalier avec le Rwanda.
"Des jeunes en colère ont attaqué les familles hutu qu’ils accusent de collaborer avec ces combattants", a ajouté la même source précisant que la situation a été maîtrisée grâce à l’intervention de l’armée et de la police.
Ces violences ont poussé plusieurs dizaines de hutus à fuir vers la localité de Nyanzale, selon Hope Sabini délégué du gouverneur du Nord-Kivu à Nyanzale.
Certains déplacés avaient des blessures, a-t-il indiqué à Anadolu. Rwandophones et majoritaires dans le territoire de Rutshuru, les hutu sont pris pour "étrangers" par les membres de la communauté Nande se considérant comme "autochtones" dans ce territoire de la province du Nord-Kivu.
Ce cycle de représailles et contre-représailles, sur fond de différends fonciers, entre les deux communautés a pris de l’ampleur, avec l’implication de groupes armés locaux dont les Mai-mai Nyatura et les rebelles des forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) du côté des Hutu, et les Mai-Mai Mazembe du côté de la communauté Nande.
Déchirée par plus de 20 ans de conflits armés, la façade orientale du Congo-Kinshasa est secouée depuis près de deux décennies par des tensions interethniques fortement meurtrières.