Nadia Chahed
20 Février 2018•Mise à jour: 20 Février 2018
AA/Niamey/Kané Illa
Les enseignants de l’Université Abdou Moumouni de Niamey ont entamé, mardi, une «grève illimitée» pour protester contre «l’agression» , récemment, de l’un de leurs camarades par des étudiants, a appris Anadolu de source proche de leur syndicat.
«N’ayant pas obtenu satisfaction après expiration du préavis de 48h…le bureau exécutif du SNECS/Section de Niamey lance une grève illimitée…», a indiqué le Syndicat national des enseignants et chercheurs du supérieur (SNECS) de l’Université de Niamey, dans un communiqué dont Anadolu s’est procurée une copie.
A travers cette grève, les enseignants exigent, entre autres, «la dissolution de la Commission des affaires sociales et de l’ordre (CASO) et l’interdiction de la création de toute autre structure similaire par les étudiants», ainsi que «l’identification et l’exclusion immédiate et définitive de l’université Abdou Moumouni des étudiants identifiés comme responsables de l’agression du 07 février 2018».
Le mercredi 7 février dernier, une altercation a eu lieu entre un enseignant à bord de son véhicule et des éléments de la CASO de l’Union des étudiants nigériens à l’Université de Niamey (UENUN), qui avaient dressé une barrière pour faciliter la sortie des bus transportant les étudiants du campus vers les différents quartiers de Niamey.
Dans un rapport transmis aux responsables de l’Université et dont Anadolu a reçu copie, l’enseignant raconte avoir été violemment pris à partie par les étudiants. «Un étudiant arracha le trousseau de clés comportant les clés de ma voiture et deux clés de mon domicile, si violemment que le manche de la clé du véhicule se cassa. Il emporta ce trousseau. Heureusement qu’une partie de la clé ainsi cassée était restée coincée dans le contact, le moteur étant toujours en marche», a-t-il expliqué.
Lors d’un point de presse, les responsables de l’UENUN ont reproché à l’enseignant «agressé» d’être le principal responsable de ce qui était arrivé. «Cela fait plusieurs années que nous avons pris l’initiative de faire arrêter tous les usagers qui traversent le campus, chaque fois que les bus doivent embarquer les étudiants vers les différents quartiers de Niamey. Les usagers se sont toujours exécutés, mais cet enseignant, lui, a choisi de passer outre, allant jusqu’à percuter un des éléments de la CASO», a expliqué Sita Diabri, secrétaire général de l’UENUN.
Réagissant aux exigences formulées par le syndicat des enseignants, il a martelé que «nul ne peut dissoudre la CASO». Les autorités rectorales et les responsables du Centre des œuvres universitaires, à qui le SNECS a soumis ses exigences, n’ont toujours pas réagi.
De même que le ministère des enseignements supérieurs. La plus vieille et la plus grande du Niger, l’Université Abdou Moumouni de Niamey compte plus de 15.000 étudiants répartis dans plusieurs facultés et des grandes écoles. Ces dernières années, cette institution est en proie des perturbations récurrentes, tantôt du fait des grèves des enseignants, tant des mouvements des étudiants.