AA/ Kinshasa/ Fiston Mahamba Larousse
Plus de 230 organisations non-gouvernementales ont appelé lundi les autorités kinoises à "libérer immédiatement et sans condition" deux activistes arrêtés depuis la mi-mars dernier, a appris Anadolu de ces mêmes ONG.
Parmi les 14 ONG internationales signataires d'un communiqué en faveur des deux activistes, figurent Amnesty International, la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) et Human Rights Watch (HRW), alors que 220 organisations congolaises de défense des droits humains ont cosigné le même communiqué, dont Anadolu a eu copie.
Les deux activistes, Fred Bauma et Yves Makwambala, avaient été arrêtés il y a trois mois, à l'occasion d'un atelier africain organisé pour le lancement de «Filimbi», une plateforme qui vise à encourager les jeunes Congolais à accomplir pacifiquement et de manière responsable leurs devoirs civiques.
Une «mission d'information» parlementaire congolaise, créée le 27 mars dernier, pour examiner la manière dont les services de sécurité de la RD Congo ont géré le dossier Filimbi, n'a trouvé aucune preuve démontrant que les dirigeants de Filimbi et les participants à l'atelier étaient impliqués dans la préparation ou la commission d'actes terroristes ou d'autres crimes violents, selon son rapport, dont les organisations signataires ont obtenu copie.
Après un débat sur le rapport tenu à huis clos au parlement les 12 et 13 juin, l’Assemblée nationale de la RD Congo a reconnu le caractère non terroriste des activités du mouvement Filimbi et a recommandé une «solution politique» qui permettrait la libération des deux activistes, toujours en détention, selon des membres du parlement ayant assisté au débat.
Selon les signataires, Le gouvernement devrait également libérer d'autres activistes, membres des partis d'opposition et autres personnes détenues uniquement en raison de leurs opinions politiques ou pour avoir participé à des activités pacifiques, et abandonner toute poursuite à leur encontre.
Des activistes africains, leaders de mouvements citoyens, des journalistes internationaux ont été arrêtés à Kinshasa (RDC), le 15 mars dernier, par les militaires de la garde républicaine, alors qu’ils prenaient part à une conférence de presse, à l’occasion du lancement du mouvement citoyen congolais "Filimbi" (“Coup de sifflet” en swahili), qui se définit comme un collectif de mouvements d’éducation à la citoyenneté, non-partisan et non-violent.
Parmi une trentaine de personnes arrêtées, figurent des activistes relevant des mouvements congolais «Lucha» et «Filimbi», les Sénégalais Fadel Barro, créateur du mouvement de contestation pacifique "Y’en a marre", le rappeur Fou Malade et le Burkinabé Oscibi Johann du mouvement "Balai citoyen".