Esma Ben Said
21 Septembre 2017•Mise à jour: 21 Septembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Un journaliste indépendant belge, a été arrêté mardi à Kinshasa, et est depuis détenu par les services de sécurité de la République démocratique du Congo (RDC), a alerté jeudi le ministère Belge des affaires étrangères.
Le journaliste Quentin Noirfalisse a "été arrêté mardi alors qu'il était sur le point de prendre son vol pour rentrer à Bruxelles" a déclaré à Anadolu le porte-parole du
ministère belge des affaires étrangères Mathieu Branders.
Le responsable a affirmé ignorer "complètement" les raisons de cette "étrange" arrestation. Mais auprès d’Anadolu, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a déclaré "ne pas être au courant de cette arrestation".
"Je suis le premier à être alerté quand un journaliste est arrêté mais là; je n’en sais rien. Même le service de migration ou la police ne m’ont pas informé de ce cas" a-t- il ajouté craignant qu’il ne s’agisse d’une "fausse nouvelle".
Sous couvert d’anonymat, un responsable du service congolais de migration a confié à Anadolu que le jeune journaliste de 31 ans est détenu dans un de leurscahots et qu’il "sera expulsé tard dans la soirée de jeudi ou bien vendredi".
Le Journaliste Quentin Noirfalisse est le réalisateur du documentaire "le ministre des Poubelles" consacré à Emmanuel Botalatala, un artiste congolais engagé vivant à Kinshasa.
La spécialité de l’artiste congolais est de réaliser des fresques avec des déchets qui pullulent dans les rues la capitale congolaise. Dans le documentaire, l'artiste
interroge la société congolaise sur son rapport aux objets de grande consommation, mais aussi sur la crise politique que traverse la RDC.
En décembre 2016, sur fond de manifestations appelant au départ du président Joseph Kabila, une équipe de journalistes belges avait été expulsée de Kinshasa, la capitale congolaise.
Depuis des mois, la Belgique critique régulièrement les autorités de la RDC, pays empêtré dans une profonde crise politique inhérente au maintien au pouvoir du
président Joseph Kabila au delà de son dernier mandat constitutionnel échu le 19 décembre 2016.
En réaction, Kinshasa a décidé en Avril dernier de mettre fin à sa coopération militaire avec la Belgique.