Lassaad Ben Ahmed
18 Avril 2019•Mise à jour: 18 Avril 2019
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Quelque dix (10) corps sans vie ont été repêchés, jeudi, du lac Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) où le naufrage d'une pirogue a fait 3 morts et 150 disparus, lundi, selon le autorités congolaises.
Jeudi matin, les pécheurs ont "repêché 10 corps sans vie à hauteur du village de Wawe, situé à 30 kilomètres du lieu du drame", a déclaré à Anadolu, Anatole Nyamushe, président des armateurs du territoire de Kalehe d'où proviennent de nombreux bateaux et pirogues motorisés à destination de Bukavu ou Goma, deux villes limitrophes du lac Kivu.
Cette information a été confirmée par Doly Bizimungu, gouverneur du Sud-Kivu, province dont relève le territoire de Kalehe. Il a fait état d'un bilan provisoire actualisé de 13 morts, 37 rescapés et 140 disparus.
En tournée dans l'est de la RDC depuis dimanche, le président congolais, Félix Tshisekedi, se rendra jeudi dans le territoire de Kalehe pour "compatir avec les familles de victimes", a annoncé le gouverneur Bizimungu.
Le drame a suscité diverses réactions en RDC et à l'tranger.
Mardi dernier, Tshisekedi s'est dit "attristé par ce naufrage" et avait promis d’en "sanctionner les auteurs".
L'ancien président, Joseph Kabila, a, quant à lui, lancé un "appel à la solidarité" en faveur des familles des victimes et des survivants, a tweeté son ancien directeur de cabinet, Néhémie Mwilanya.
Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres a exprimé, par le biais de son porte-parole Stéphane Dujarric, sa "solidarité avec le gouvernement et le peuple congolais après le naufrage".
"Les Nations Unies sont prêtes à apporter un soutien aux autorités congolaises", a déclaré Dujaric lors d'un point de presse, mercredi, au siège de l'Organisation.
"Trois jours après le drame, les pécheurs et quelques secouristes restent mobilisés pour rechercher les corps", a déclaré Gilbert Bahati, responsable de la protection civile.
Il a indiqué qu'il y a "trop peu de chance" de retrouver des survivants.
Contrairement à d'autres drames dans le monde, ce naufrage a connu peu d'échos et de réactions au niveau International.
Un grand nombre d'internautes ont dénoncé, sur les réseaux sociaux, la "déshumanisation de la planète" comparant, dans la foulée, la mobilisation internationale autour de l'incendie de la cathédrale de Paris à la mort de 150 personnes en RDC.
Les naufrages sont fréquents et généralement meurtriers sur les lacs et rivières de la RDC, pays traversé par de nombreux cours d’eau.
Le plus grand est le fleuve Congo qui traverse la majorité des provinces. La plupart des embarcations congolaises ne remplissent aucune condition de sécurité.