Lassaad Ben Ahmed
25 Avril 2019•Mise à jour: 25 Avril 2019
AA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa
La Justice militaire congolaise a annoncé, jeudi, avoir mis la main sur les assaillants, meurtriers présumés du médecin camerounais employé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour riposter à l'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo.
Le parquet militaire de la province du Nord-Kivu, où le médecin a été tué vendredi dernier, a mis la main sur "11 assaillants auteurs du meurtre du docteur Richard Mouzoko de nationalité camerounaise", a déclaré à Anadolu, le colonel Kumbu Ngoma, substitut du procureur près la Cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu.
Il a affirmé que les assaillants arrêtés font partie des "miliciens qui errent dans la région".
Le médecin camerounais a été abattu, vendredi dernier, dans l'enceinte d'une clinique universitaire à Butembo, une ville située dans la partie Nord de la province du Nord-Kivu.
Parmi eux, trois auteurs directs ont été reconnus pour avoir tiré sur le médecin camerounais à la clinique de l'UCG et blessé le médecin congolais.
Sur la liste des auteurs moraux, figure le général autoproclamé "Masumbuko" basé à Kanyatsi-Ngeleza, localité située sur la route qui mène vers Luhutu, dans le territoire de Lubero.
Dans leur planification, les assaillants "voulaient aussi tuer l'évêque du diocèse de Butembo-Beni, Mgr Melchisédech Sikuli et un responsable de l'Église protestante", car "étant très engagés dans la riposte contre l'épidémie d'Ebola", a encore affirmé le procureur.
La justice "sera vite rendue" a-t-il promis, souhaitant que les audiences soient publiques à Butembo.
Par une marche, une centaine d'infirmiers et médecins de Butembo ont manifesté mercredi dans les rues, pour exiger de meilleures conditions sécuritaires pendant la riposte contre Ebola.
Le ministre de la santé, Oly Ilunga, s’est rendu à Butembo, mardi, pour réconforter les équipes de la riposte après la mort du médecin camerounais.
Les équipes étaient "encore sous le choc, il était important pour le ministre d’être à leurs côtés pour qu’elles sachent qu’elles ne sont pas seules dans cette épreuve", explique le ministère de la Santé dans un communiqué.
Déchirée par des conflits armés depuis plus de 20 ans, la province du Nord-Kivu connaît sa première Épidémie d'Ebola depuis la découverte du virus en 1976 dans l'ouest du pays.
Cette épidémie est la dixième en RDC.
Déclarée depuis le 1er août 2018, l'épidémie a déjà fait 885 morts, selon les derniers chiffres officiels du ministère de la Santé.