Lassaad Ben Ahmed
13 Janvier 2018•Mise à jour: 13 Janvier 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le Comité laïc proche de l’Eglise catholique a appelé samedi à une nouvelle "marche pacifique" dimanche 21 janvier, sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo et à l’étranger pour presser le pouvoir à appliquer l’accord conclu fin 2016 avec l’opposition sous le parrainage des évêques catholiques.
"Main dans la main comme d’habitude, nous allons marcher pacifiquement avec nos rameaux de paix, nos bibles, nos chapelets et nos crucifix pour sauver le Congo, notre patrimoine commun, dans le respect sacré des personnes et des biens", a annoncé dans un communiqué, le Comité laïc de coordination (CLC), association proche de l’Eglise catholique.
Organisateur de la marche du 31 décembre dernier, interdite par les autorités, le comité invite les Congolais, "dans la capitale, en province ou à l’étranger", à se "lever et marcher", pour "libérer l’avenir et faire de notre pays une terre de paix, de dignité, d’hospitalité et de progrès pour tous".
La structure exige, entre autre, la libération "sans condition des prisonniers politiques, la fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays, la libéralisation des espaces médiatiques, la fin du dédoublement des partis politiques, la restructuration de la Commission électorale, l'engagement du chef de l’État de ne pas briguer un troisième mandat", précise le communiqué.
Malgré la "mise en garde" du gouvernement en cas de "récidive", le comité laïc affirme que son combat "ne prendra pas fin tant que ne seront remplies" ces conditions préalables à la tenue des élections, "réellement crédibles".
La dernière journée de mobilisation de cette structure contre le président Kabila avait été contenue par les forces de défense et de sécurité congolaises qui avaient dispersés des messes par des gaz lacrymogènes et des tirs de sommation.
Six personnes avaient alors, été tuées selon l’Eglise contredite par le gouvernement qui n’a reconnu aucun mort lié à cette manifestation dont la répression violente a provoqué une vague d’indignations de la communauté internationale.
Les tensions entre pouvoir et Église ne vont que crescendo depuis la fin de la médiation des évêques. Jeudi, l'épiscopat a appelé les Congolais à "demeurer debout et vigilant" et à "barrer la route" à "toute tentative" de "confiscation" ou de prise de pouvoir par des voies "non démocratiques" et "Anticonstitutionnelles".
Le climat politique reste très tendu au Congo – Kinshasa en raison du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila. Son deuxième et dernier mandat a constitutionnellement pris fin le 19 décembre 2016.
Des élections en vue de sa succession sont prévues pour le 23 décembre 2018.