Hafawa Rebhi
13 Janvier 2018•Mise à jour: 13 Janvier 2018
AA / Sidi Bouzid (Tunisie) / Walid Abdouli
Des dizaines de partisans du Front populaire ont manifesté samedi à Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie, pour protester contre les déclarations du chef du gouvernement Youssef Chahed. Celui-ci a en effet accusé la coalition de gauche d'implication directe dans les récents actes de violence, de vandalisme et de pillage, survenus dans plusieurs villes du pays.
La manifestation est partie du siège régional de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), pour arpenter l’avenue principale de la ville, avant de s’arrêter devant le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid.
Les manifestants ont scandé plusieurs slogans : des slogans hostiles au chef du gouvernement, d’autres chantant la force du peuple, et d’autres encore, rappelant le traditionnel schisme politique entre la gauche et la droite et assurant que « la droite n’avait rien à voir avec la souffrance des travailleurs ».
Depuis lundi dernier, les villes tunisiennes ont connu des manifestations contre la hausse des prix et les dispositions de la loi des finances 2018.
Le 3 janvier, des activistes tunisiens ont lancé une campagne sur les réseaux sociaux sous le slogan «Fesh Nestannew ? [Qu'est-ce qu'on attend ?], pour mobiliser la rue contre la loi de finances et les alerter les Tunisiens « des répercussions désastreuses de ses dispositions ».
A l'avènement de 2018, plusieurs secteurs en Tunisie ont connu une hausse des prix en vertu des dispositions de la loi de finances 2018.
Des mesures que le gouvernement tunisien estime "importantes" pour réduire le déficit budgétaire ayant atteint 6% du PIB en 2017.
La hausse des prix a touché principalement le carburant, les cartes de recharges téléphoniques, Internet, les parfums et les produits cosmétiques.
Vendredi, le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé « l’arrestation de près de 800 personnes impliquées dans les émeutes qui ont secoué le pays depuis lundi dernier ».
Le chef du gouvernement a accusé les « réseaux de corruption » et le « Front populaire » (une coalition de gauche qui détient 15 sièges au parlement sur un total de 217), « d’inciter à des actes de sabotage et de la violence », ce que le Front populaire a nié, appelant à l’ouverture d’une enquête criminelle.