AA/Le Caire/
Le parlement égyptien a appelé, samedi, à une audience urgente, dimanche, pour examiner un remaniement ministériel restreint, qui serait le quatrième remaniement au gouvernement actuel de Sherif Ismail.
Le député, Haythem Hariri, a affirmé, dans une déclaration accordée à Anadolu, que les députés ont reçu une lettre contenant l’appel à la réunion du parlement, dimanche, par son président Ali Abdel Aal, insistant sur l’importance de la présence des députés.
Cependant la lettre n’a pas précisé, selon Hariri, l’objectif de la réunion, tandis que les médias parlent d’un remaniement ministériel restreint au sein du gouvernement actuel.
Le journal égyptien « Akhbar al-Yawm » a confirmé samedi cette information, sur son site électronique, citant des sources gouvernementales (sans les nommer) qui parlent de la possibilité d’un remaniement ministériel impliquant 5 à 10 ministères, dont la plupart est du domaine des services et de l’économie, tel que « la Santé, l’Agriculture, l’Education et les Transports ».
Les mêmes sources ont souligné que «toutes les mesures relatives à ce remaniement ministériel seront prises en coordination totale avec le parlement ».
Le journal égyptien a également rapporté qu’« un nombre de députés ont revendiqué d’effectuer un remaniement, dans la prochaine période, au sein du gouvernement de Sherif Ismail, et ce, en raison d’une forte résistance à l’application des réformes par certains ministres ».
Des journaux locaux ont, pour leur part, évoqué la démission du Premier ministre actuel, pour des raisons de santé, une démission qui pourrait être acceptée par le Parlement. Ismail serait donc remplacé par le Premier ministre par intérim, Mustafa Madbouli.
Le Conseil ministériel égyptien n’a pas commenté ces informations relatives au remaniement, jusqu’à 9h55 GMT.
Au cas où le remaniement est approuvé par le Parlement sans remplacer Sherif Ismail, il s’agirait du quatrième remaniement au sein du gouvernement de ce dernier, depuis sa nomination en septembre 2015.
Le premier remaniement effectué au gouvernement d’Ismail avait eu lieu en mars 2016 et avait impliqué 10 ministères. Il avait été suivi par un deuxième en septembre 2016 et d’un troisième en février 2017, impliquant 9 ministères.
L’article 147 de la constitution égyptienne accorde au président de la République le droit d’effectuer un remaniement ministériel après la consultation du Premier ministre et l’approbation du Parlement à la majorité absolue des députés présents et à 1/3 au moins du nombre total des députés (596 députés).
Jamal Jebril, professeur en Droit constitutionnel, a, pour sa part, déclaré à Anadolu que le remaniement ministériel devrait être fait après l’approbation du Parlement, suivant les dispositions de la constitution.
Et Jebril d’ajouter : «Cependant, si le remaniement implique de changer le Premier ministre, ceci signifie de former un nouveau gouvernement et engage le nouveau Premier ministre à présenter son programme et ses ministres au Parlement pour le vote de confiance ».
Le 21 décembre dernier, le Premier ministre égyptien, Sherif Ismail, était retourné au Caire, après un séjour médical en Allemagne ayant duré près d’un mois.
«Il sera en période de convalescence pour une courte période chez lui après laquelle il reprendra immédiatement ses fonctions », a souligné un communiqué du Conseil ministériel, sans donner de date précise.
Depuis le départ d’Ismail, le 23 novembre dernier, le président égyptien, Abdel Fattah Sissi, a nommé le ministre du Logement, Mustafa Madbouli, au poste de Premier ministre par intérim.
L’élection présidentielle égyptienne sera tenue, en mars prochain, sans que le président égyptien ne donne sa position quant à sa candidature. Certaines analysent assurent, néanmoins, que Sissi envisage de se présenter pour un deuxième et dernier mandat.