Hafawa Rebhi
13 Janvier 2018•Mise à jour: 13 Janvier 2018
AA / Tunisie / Iman Ghali
Le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, a fait porter la responsabilité des récents actes de vandalisme en Tunisie à « de petits partis qui n'ont pas la capacité d'encadrer les protestations ».
Ghannouchi s’est ainsi prononcé lors d'un colloque politique organisé par son parti samedi à Tunis, sous le thème « Expérience démocratique tunisienne: défis et perspectives ».
« Le Parlement a approuvé le budget. Des partis politiques (non nommés) qui ont contribué à son approbation (le budget) sont descendus dans la rue pour le renverser…Ce sont de petits partis politiques qui n'ont pas la capacité d'encadrer les manifestations et le résultat en a été la perte d'argent et de vies, et nous les tenons moralement responsables à cet égard », a asséné Ghannouchi.
Lundi dernier, le mouvement Ennahdha, qui détient 68 sur les 2017 sièges du Parlement, a condamné l’exploitation par certains partis politiques « gauchistes et anarchistes » des revendications légitimes des citoyens, en « incitant au chaos, au sabotage et au pillage ».
Depuis lundi dernier, plusieurs villes tunisiennes ont connu des manifestations contre la hausse prix et les dispositions de la loi de finances de 2018.
Le chef de gouvernement Youssef Chahed a, pour sa part, accusé le Front populaire « d'incitation à des actes de sabotage durant les manifestations nocturnes », tout en s’étonnant que la coalition de l’opposition ait procédé ainsi malgré son approbation de la loi sur l’augmentation de la valeur ajoutée ».
Le Front populaire a refusé ces accusations et appelé à l’ouverture d’une enquête criminelle.
Estimant que « la démocratie en Tunisie est toujours naissante », Ghannouchi a souligné que « son mouvement aspirait à une politique de consensus, à une plus large participation des partis et à des opportunités pour tous les acteurs de la réussite du processus démocratique ».
Abdel Karim Harouni, président du conseil de la Choura d’Ennahdha (conseil consultatif), a, pour sa part, jugé que « l'économie tunisienne a amorcé une reprise basée ».
Le dirigeant nahdhaoui s’est, à cet égard, basé sur « des indicateurs positifs qui ont été enregistrés récemment, malgré la présence de certaines parties étrangères (qu’il n’a pas nommées) qui cherchent à entraver le succès de la Tunisie sur le plan économique ».
« La corruption sévit toujours dans les administrations », a renchéri Harouni, ajoutant que « la réussite économique est l'un des plus importants enjeux du mouvement ».
Rappelant « qu’il a été convenu dans la Constitution que la Tunisie est un Etat civil et démocratique », le dirigeant d’Ennahdha a réprimandé « tous ceux qui font de la surenchère au mouvement en matière de progressisme et de démocratie ».
L'économie tunisienne a réalisé un taux de croissance de 2,1% au troisième trimestre de 2017, après avoir reculé à moins de 1% après la révolution (2011).
Noureddine Arabaoui, chef du Bureau politique d’Ennahdha, a également salué « «l'expérience tunisienne, le respect de la légitimité et les progrès réalisés dans le processus démocratique malgré la les difficultés économiques et sociales et la performance du gouvernement ».