Lassaad Ben Ahmed
19 Février 2018•Mise à jour: 19 Février 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
L’épiscopat congolais a demandé, lundi, à la centrale électorale de la République démocratique du Congo (RDC) d’accepter la certification des machines de vote avant le triple scrutin (présidentiel, législatif national et provincial) du 23 Décembre prochain, tout en demandant au peuple de demeurer "debout et vigilant".
La conférence épiscopale nationale du Congo "invite la commission électorale nationale indépendante à lever l’équivoque et les suspicions autour de la machine à voter en acceptant sa certification par des experts nationaux et internationaux ", a déclaré le secrétaire général l’épiscopat l’abbé Donatien Nshole.
C'était devant la presse à Kinshasa, à l'occasion de la lecture des conclusions de l’assemblée extraordinaire des évêques catholiques clôturée samedi.
Consistant à imprimer les bulletins de vote par une machine lors du scrutin, ce système a été rejeté, lundi dernier, par les Etats-Unis qui ont estimé que ce système représente un risque "colossal" et souhaité le recours à "des bulletins papier pour qu'il n'y ait pas de doutes sur le résultat", avait déclaré l’ambassadrice américaine Nikki Haley lors d’un débat général sur la RDC au Conseil de sécurité.
L’opposition congolaise et plusieurs organisations de la société civile rejettent également ce système, estimant qu’il servira au pouvoir de tricher ou frauder.
"Ce fait augure la contestation des résultats", a fait observer le même responsable ecclésial. Les évêques ont déploré la répression sanglante des deux précédentes marches (31 décembre et 21 Janvier) de fidèles catholiques contre le pouvoir et demandé aux autorités "d’annuler les édits interdisant les manifestations pacifiques".
Fortement influente dans un pays majoritairement chrétien, l’Eglise catholique est à couteaux tirés avec le pouvoir depuis que ses fidèles ont exigé du président Kabila de déclarer publiquement qu’il ne briguera pas un troisième mandat.
"L’Eglise n’est pas inféodée à aucune organisation politique", a répliqué Nshole en réponse au pouvoir qui accuse les prélats d’activisme politique.
"(…) Nous n’abandonnerons jamais notre engagement pour l’avènement d’un Etat de droit en RDC", ont renforcé les évêques catholiques dans leur déclaration lue par l’abbé Donatien Nshole.
Minée par une grave crise politique aggravée par le maintien au pouvoir du président Kabila dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 19 décembre 2016, la RDC est le plus grand pays catholique en Afrique subsaharienne et le plus grand pays francophone au Monde.