Lassaad Ben Ahmed
19 Février 2018•Mise à jour: 19 Février 2018
AA/ Lomé/ Alphonse Logo
«Que l’intérêt du peuple togolais soit pris en compte au cours des discussions», c’est la préoccupation exprimée par Nana Addo Akufo, le président Ghanéen, facilitateur de la crise politique togolaise, lundi matin, à l’ouverture des pourparlers.
«Je ne suis pas partie prenante dans cette crise. Je suis ici pour assister un dialogue qui va faire que le peuple togolais et ses intérêts soient pris en compte dans ce qui se fera ici», a tenu à éclairer Nana Addo Akufo dès l’entame de son discours.
Et il se fait un peu plus clair : «J’entends par là les intérêts du peuple à avoir un Etat démocratique, un Etat de droit, un Etat ouvert qui lui permette de s’exprimer librement et de choisir ses dirigeants de manière transparente et libre. Je pense que c’est ça le défis de nous tous, dans notre génération ici en Afrique».
Ado s’est dit «extrêmement honoré que le peuple togolais ait permis aux dirigeants ghanéens de prendre le devant de ces discussions». Il a émis, enfin, le vœu que «les conclusions du dialogue portent un coup d’accélérateur pour l’avenir du Togo».
«Que Dieu nous bénisse et nous dirige à trouver des solutions qui avancent le bien-être du peuple togolais», a conclu le facilitateur.
Le président Ghanéen a certainement raison de solliciter l’appui divin, puisque la coalition des 14 partis de l’opposition a renouvelé dès le début des travaux ses menaces de «quitter les discussions si ses préalables ne sont pas satisfaits».
Jean Pierre Fabre, chef de file de l’opposition togolaise a rappelé dans son discours de circonstance au facilitateur que «les revendications portées par les 14 partis, ainsi que par la société civile, de même que les voies de sortie de crise que préconise l’opposition, font l’objet d’un mémorandum», déjà déposé sur sa table.
«Il en ressort que notre participation à ces assises demeure liée à l’achèvement des mesures d’apaisements convenues. Nous formulons le vœu qu’avec votre aide, votre assistance, nos assises apportent au Togo et au peuple togolais souverain, des réponses qui correspondent à leurs aspirations légitimes».
Ces préalables portent essentiellement sur la libération de tous les détenus des manifestations des six derniers mois, et ceux en prison depuis plus de 5 ans, maintenant, dans l'affaire d'incendie des marchés de Lomé et de Kara.
Le chef de file de l’opposition togolaise a appelé «au sens de la responsabilité et à la bonne foi du pouvoir togolais».
Il conclut : «Le peuple togolais meurtri, excédé mais résolu et déterminé est à l’écoute. Il est dehors et il espère. Il est debout et il attend. Il nous attend».
Prof Charles Kondji Agba, doyen d’âge du parti Unir, au pouvoir, qui a pris la parole à l’ouverture des discussions, a rassuré de la bonne disponibilité de son parti à régler le problème togolais dans la tolérance et le respect mutuel.
«Parce que pour ce qui nous concerne à Unir, nous venons à ce dialogue dans un esprit d’ouverture. Notre intérêt est d’arriver à résoudre dans la tolérance et le respect mutuel tous les griefs quelques soient leurs natures», a dit Prof Agba.
Les parties en discussions sont représentées par parité de 7 personnes
Des personnalités de divers rangs ont participé à l'ouverture de ce 27e dialogue.
L'opposition togolaise réclame sur coups de multiples manifestations de rues depuis Août 2017, le retour à la constitution de 1992, le vote de la diaspora, et une révision complète du cadre électoral.