Esma Ben Said
25 Octobre 2017•Mise à jour: 25 Octobre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le leader de la principale coalition de l’Opposition en République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a indiqué à Anadolu avoir été empêché mardi par la police de tenir son meeting à Lubumbashi, la deuxième grande et importante ville du pays.
Dans l'après-midi de mardi, "la police a jeté des gaz lacrymogènes et tiré des coups de feu en l'air « m’empêchant de sortir de mon hôtel pour rejoindre les militants au lieu du
meeting " a déclaré à Anadolu Félix Tshisekedi accusant la police de l’avoir « brutalisé » en lançant des gaz lacrymogènes sur lui et son entourage.
Plusieurs dizaines de policiers ont assiégé l’hôtel où logeait le chef de l’opposition congolaise et ont dispersé à gaz lacrymogènes des dizaines de ses militants qui tentaient d’affluer vers le lieu, a constaté un correspondant d’Anadolu.
« C’est une communication politisée. La police n’a pas tiré sur lui et ne peut pas le faire, elle s’est par contre chargée de sécuriser l’endroit où il loge car quoi qu’il en soit c’est une personnalité » a brièvement déclaré à Anadolu le général Paulin Kyungu, commissaire provincial de la police dans le Haut-Katanga dont Lubumbashi est la capitale.
Fils d’Etienne Tshisekedi l’opposant historique congolais mort le 1 er février dernier en Belgique, Félix Tshisekedi est arrivé lundi dans la ville de Lubumbashi dans un climat
tendu après que les autorités locales ont interdit la tenue en public des manifestations à caractère politique dans cette ville, fief de l’Opposant Moise Katumbi candidat déclaré à l’élection présidentielle.
La veille de son arrivée, plusieurs dizaines de membres de l’union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) parti dans lequel il est secrétaire général adjoint ont été
arrêtés par la police et l’armée. L’ONU a par la suite exigé leur libération « immédiate et inconditionnelle » mais ces derniers « n’ont pas encore été relâchés » a
indiqué un porte-parole local de l’opposition.
Les tensions politiques ne cessent de s’exacerber à l’approche du mois de décembre fixé par un accord conclu le 31 décembre 2016 par le pouvoir et l’Opposition pour la
tenue d’élections en RDC.
Le pays est sérieusement plongé dans une crise politique depuis que les élections censées avoir lieu en Novembre 2016 pour organiser la succession du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, n’ont pas eu lieu.
La Constitution en vigueur autorise Kabila (46 ans d’âge) à rester à la tête du plus grand pays francophone du Monde jusqu'à l'élection de son successeur - mais ne lui permet pas de se représenter pour un troisième mandat.
Dans une conférence de presse lundi à Lubumbashi, Tshisekedi fils qui s’est dit « dégouté » par la police et déclaré que l’Opposition prépare le « peuple » à mettre Kabila hors d’état de nuire » d’ici la fin de l’année.