Hatem Kattou
25 Octobre 2017•Mise à jour: 25 Octobre 2017
AA/Casablanca (Maroc) / Mohammed Tahiri
Le procès de Nasser Zefzafi, leader du mouvement de contestation le Hirak (dans le nord du Maroc), a été ouvert mardi, mais la séance a été ajournée et reportée à mardi prochain.
Avec une trentaine de prévenus, Zefzafi a comparu devant la Cour d'appel de Casablanca soutenu par des dizaines d'avocats de différentes villes.
A l'ouverture du procès, des dizaines de militants, d'avocats et de proches des prévenus ont manifesté devant le bâtiment de la Cour d'appel de Casablanca, exigeant la libération des accusés.
Le procès a été marqué par des confrontations entre les avocats de la défense et le représentant du Ministère public, après que Me Khadija Rougani a qualifié le procès de " politique" et de "non-équitable" .
Elle a ajouté que "l'indépendance du ministère public n'est qu'un leurre". Une déclaration qui a poussé le juge à suspendre la séance.
La défense, représentée par l'ancien doyen de l'Ordre des avocats Abderrahim Jamaï, et Me Abdelaziz Nouidi ont demandé l'ajournement du procès pour au moins 3 semaines afin de "prendre le temps nécessaire à la préparation des requêtes à présenter auprès de la cour et la rencontre des accusés".
La demande du représentant du Ministère public qui, de son côté, a sollicité l'ajournement du procès d'une semaine, afin d'appeler l'accusé Rachid Missaoui à comparaitre, a été acceptée.
Les prévenus dont le nombre dépasse les 300 sont poursuivis pour "atteinte à la sécurité intérieure du royaume", un acte passible d'emprisonnement à perpétuité ou de peine capitale.
Depuis octobre dernier, Al Hoceima et un certain nombre de villes et villages de la région du Rif (dans le nord du Maroc) sont secoués par des mouvements de contestations réclamant "le développement et la lutte contre la corruption".
Les manifestations ont éclaté après la mort d'un vendeur de poisson tué dans un camion-benne à ordures en y effectuant un sit-in pour empêcher les autorités de confisquer sa marchandise.
Dans une sortie télévisée datant de début juillet, le chef du Gouvernement, Saadeddine El Othman avait déclaré que "la résolution de la crise du Rif passe par l'approche politique et le développement".