Lassaad Ben Ahmed
19 Décembre 2017•Mise à jour: 19 Décembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L'appel de la principale coalition de l’opposition en République démocratique du Congo (RDC) à manifester, mardi, contre le président Joseph Kabila qui a bouclé une année au pouvoir après la fin légale de son deuxième et dernier mandat, s’est perdu dans plusieurs villes, après refus des autorités locales, a constaté le correspondant d’Anadolu.
Le rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (principale coalition) a appelé à une marche de "sommation", mardi, contre le président Joseph Kabila, qu’il appelle à quitter le pouvoir, dès la fin de cette année, pour instaurer une courte transition devant déboucher sur des élections en Juin 2018.
L’Opposition voulait également manifester pour rejeter le calendrier électoral qui repousse d’une année la présidentielle et les législatives.
A Kinshasa, le Gouverneur avait prévenu, le week-end dernier, le principal parti de l’opposition (UDPS), qu'il "ne saurait prendre acte" de son intention d'organiser une "marche pacifique", parce que "la commission électorale a déjà fixé l'opinion (nationale et internationale) sur la date de la tenue des élections".
Dans la matinée, les activités économiques étaient ralenties et la circulation était plus fluide que d’habitude dans cette mégapole africaine. La police s’est déployée dans plusieurs quartiers et coins chauds de la ville, a constaté Anadolu.
Plusieurs habitants interrogés se sont dits "lassés" de répondre aux appels "incessants" et "improductifs" de l’opposition qui a, cette année, multiplié ses appels à manifester contre Kabila, mais sans le faire plier.
A Goma, ville de forte contestation contre le pouvoir dans l’est du pays, les forces de sécurité ont opéré, depuis lundi, un blocus sécuritaire en raison, notamment, d'une conférence des gouverneurs de province, en présence du président Kabila et du premier ministre Bruno Tshibala.
Dans la ville voisine de Bukavu, une centaine de personnes qui ont tenté de manifester ont fui par peur d'être arrêtées, selon le chef de la police d’intervention dans cette ville, le major Alphonse Ndacho, joint par Anadolu.
Même situation dans les villes de Kananga et Mbuji-Mayi dans le centre du pays, selon la presse congolaise. Dans le nord-est et le sud-est, aucune manifestation n’a eu lieu, selon la police.
Fin novembre, la journée de mobilisation contre Kabila s'était soldée par un mort dans l’est, des dizaines de blessés et plus de 200 arrestations selon des ONG.