Nadia Chahed
30 Décembre 2017•Mise à jour: 31 Décembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le Gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, a interdit la marche des laïcs catholiques prévue dimanche afin d’exiger l’application "intégrale" de l’accord conclu le 31 décembre 2016 entre le pouvoir et l’opposition sous la médiation des évêques de l’Eglise catholique de la RDC.
"La ville ne dispose pas des effectifs suffisants de policiers pour assurer l’encadrement de cette marche. Par conséquent, je ne prends pas acte", a déclaré Kimbuta dans un message diffusé samedi par la télévision d’Etat.
Il a également évoqué des problèmes d’itinéraire "peu clair".
Le Comité des Laïcs Catholiques (CLC) a dernièrement appelé les fidèles à marcher le 31 décembre à partir de leurs paroisses "bibles, rameaux, croix et chapelets" en mains pour "sauver l’avenir du Congo".
Dans la lettre d’information adressée à l’Hôtel de ville, le comité de laïcs "n’a pas mentionné d’adresse, ni numéro de téléphone pour les contacter" a critiqué le gouverneur de Kinshasa dans son message d'interdiction.
"Nous n’avons pas besoin de son autorisation pour manifester, nous allons bel et bien marcher en tant que chrétiens et nous ne serons pas responsables des violences puisque contrairement à eux nous ne sommes guère armés", a déclaré à Anadolu Léonie Katolo, une porte-parole des Laïcs catholiques.
Cette marche est appuyée par les Mouvements citoyens et plusieurs Formations politiques de l’Opposition dont la grande coalition- le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement- qui multiplie depuis quelques jours les appels en vue d'une mobilisation optimale.
Le chef de cette plateforme, Félix Tshisekedi a appelé dans un communiqué publié vendredi, la cour pénale internationale (CPI), l'ONU et l'Union africaine (UA) à "mettre en garde" le régime Kabila contre toute action visant à réprimer "dans le sang et la violence l’expression pacifique des compatriotes civils".
Les laïcs catholiques exigent du pouvoir l’application des mesures de décrispation dont la libération des prisonniers politiques et la cessation des poursuites "injustifiées" à l’encontre d’opposants.
L’opposition et les mouvements citoyens vont, quant à eux, marcher pour exiger le départ de Kabila dont le dernier mandat est arrivé à terme le 19 décembre 2016, et l'instauration d'une "courte transition" à partir du 1er Janvier 2018.
Cette transition devrait aboutir à des élections en Juin 2018, selon l’Opposition en contradiction avec le calendrier électoral émis par la commission électorale qui prévoit la présidentielle couplée aux législatives le 23 décembre 2018.