Nadia Chahed
30 Décembre 2017•Mise à jour: 30 Décembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le Gouvernement Congolais a déposé cette semaine auprès de la Cour européenne de justice deux recours judiciaires contre les sanctions décidées fin 2016 et en mai 2017 par l’Union européenne (UE) contre seize de ses ressortissants accusés de "graves violations des droits de l’homme".
"C’est une procédure légale que nous avons déclenchée contre de fausses sanctions qui sont en réalité des pressions purement politiques", a déclaré samedi à Anadolu, le ministre congolais de la Justice, Alexis Ntambwe.
"Ces sanctions violent les propres règles de l’UE et sont teintées d’ingérence. Nous cherchons à les faire surseoir tout en donnant l’opportunité aux personnes visées de se défendre si nécessaire", a ajouté le garde des sceaux congolais.
Reconduites pour un an à la mi-décembre dernier, les sanctions européennes visant 16 personnalités européennes consistent en un gel des avoirs et une interdiction de voyager dans un pays membre de l’UE.
Fin Mai, le Conseil de l’UE avait décidé d’infliger des sanctions individuelles à neuf responsables de l’appareil sécuritaire congolais pour de "graves violations des droits de l’homme".
Parmi eux, trois ministres ou anciens ministres du régime Kabila et un ex-chef rebelle condamné à mort par la justice congolaise pour crime contre l’humanité mais libre dans le pays.
Ces sanctions s'étaient venues s'ajouter à celle décidées en décembre 2016 par le Conseil de l’Union européenne contre sept autres responsables congolais accusés d'" entraves au processus électoral" et de "violations des droits de l’homme".
Les sanctions touchent, entre autres, le directeur de l’Agence nationale de renseignement (ANR), Kalev Mutond, le célèbre porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende et le ministre de l’Intérieur Ramazani Shadary.
Interrogé par Anadolu sur les noms des personnalités concernées par ces recours, Ntambwe n’a pas souhaité répondre.
Selon Radio France Internationale (RFI), les deux recours concernent au moins huit personnalités.
L’équipe d'avocats engagés à Bruxelles par le gouvernement congolais dans cette procédure devrait se rendre début 2018 à Kinshasa pour rencontrer toutes les personnalités visées par les sanctions européennes, selon le même média.