Esma Ben Said
18 Décembre 2017•Mise à jour: 18 Décembre 2017
AA/Kinshasa /Pascal Mulegwa
Les autorités de la capitale congolaise Kinshasa ont interdit une nouvelle manifestation de l'opposition prévue mardi contre le président Joseph Kabila qu'elle appelle depuis plusieurs mois à quitter le pouvoir dès la fin de cette année.
La marche de "sommation" est initiée par le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales acquises au changement, plateforme qui regroupe la majorité des partis politiques de l'opposition dans ce pays qui compte 703 formations politiques.
"Je constate donc que la préoccupation de la manifestation a été rencontrée. Ce faisant, je ne saurai en prendre acte", souligne le Gouverneur de Kinshasa André Kimbuta signataire d'une correspondance adressée au parti historique d'opposition (UDPS).
Dans sa correspondance dont Anadolu a reçu copie, l'autorité urbaine instruit le chef de la police de Kinshasa et les maires des communes de "veiller à l’exécution" de sa décision .
Le Gouverneur de Kinshasa interdit cette marche alors que l'Union européenne (UE) a conditionné lundi dernier son appui financier au processus électoral par notamment le "respect de la liberté de réunion et de manifestation pacifique" qui sont interdites depuis une année en République Démocratique du Congo (RDC).
Les 28 Etats européens ont demandé préalablement au pouvoir de libérer "tous les prisonniers politiques" de mettre fin aux poursuites judiciaires "injustifiées" contre les opposants et de réouvrir des médias fermés.
L’ancienne puissance coloniale (Belgique), a quant à elle réservé "dans un premier temps" 5 millions d'euros en appui aux élections.
Ces millions recherchés par Kinshasa "pourront être débloqués dès que ces conditions seront réunies", a expliqué le ministère belge des Affaires étrangères dans un communiqué, lundi dernier.
"La manifestation aura lieu mardi et nous ne tolérerons aucune interdiction" a déclaré à Anadolu le chef du "Rassemblement" Félix Tshisekedi assurant qu'il prendra mardi "la tête" de la manifestation.
Tshisekedi et les mouvements citoyens congolais demandent le départ du président Joseph Kabila du pouvoir dès la fin de cette année afin s'instaurer une " courte transition" devant aboutir à des élections au plus tard fin Juin 2018.
La commission électorale a déjà programmé ces élections pour le 23 Décembre de la même année.
Un projet de loi fixant les modalités de la tenue de ces scrutins a été adopté le week-end dernier au sénat et devait être promulgué dans les prochaines heures par le président Joseph Kabila.