Esma Ben Said
06 Avril 2018•Mise à jour: 09 Avril 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Environ six millions de doublons ont été détectés dans le fichier électoral en République démocratique du Congo (RDC) où un triple scrutin dont le présidentiel est prévu le 23 décembre de cette année, a indiqué vendredi à Anadolu le président de la commission électorale nationale indépendante (Ceni).
"Il y a plusieurs millions de doublons que nous devons écarter du fichier (…) ils sont environ six millions détectés au stade actuel", a déclaré à Anadolu Corneille Nangaa affirmant que l’opération de "toilettage ou nettoyage" du fichier électoral sera lancée dans un "court délai en toute transparence".
Ces millions de doublons font partie de 46 millions d’électeurs recensés par la commission électorale sur toute l’étendue du territoire congolais entre fin Juillet 2016 et Janvier 2018.
"C’est un plan établi d’avance pour une fraude massive aux élections (…) le fichier est corrompu (…) je ne sais pas s’il faut aller aux élections avec une telle Ceni", s’est emporté le député Martin Fayulu, farouche opposant chargé de mobilisation au sein de la principale coalition de l’opposition en RDC, le "Rassemblement".
Kinshasa a déjà refusé tout financement extérieur de ces élections, demandant à ses partenaires d’orienter les financements vers d’autres secteurs.
Alors que les autorités congolaises jugent irréversible la marche vers des élections cette année, d'importantes inquiétudes demeurent sur la transparence et la qualité du scrutin", a écrit mardi dans un rapport, International crisis group, une ONG spécialisée dans la prévention des conflits.
Intitulé "Poker électoral en RD Congo", le rapport de l’ONG note que les perspectives de la tenue d'élections cette année se sont "améliorées, en partie en raison de pressions accrues sur le président de la part des dirigeants africains".
Au pouvoir depuis 2001 et interdit de briguer un troisième mandat, le président Joseph Kabila "pourrait décider de reporter à nouveau ces élections, le climat d'insécurité pourrait lui servir de prétexte" dans un pays habitué aux violences
armées dans plusieurs régions, note le rapport.
Le régime en place est "plutôt en position de force : il contrôle fermement l'État et la machinerie électorale, et l'opposition reste divisée", selon le document.
Kabila n'a pas encore présenté de dauphin. Sa désignation "pourrait provoquer des divisions, voire de violentes contestations", parmi les alliés de Kabila.