Lassaad Ben Ahmed
18 Mars 2018•Mise à jour: 19 Mars 2018
AA / Niamey / Kané Illa
Les enseignants de l’Université Abdou Moumouni de Niamey ont décidé, de mettre fin à la «grève illimitée» qu’ils observent depuis le 20 février dernier, a appris Anadolu dimanche de source proche du Syndicat national des enseignants et chercheurs du supérieur (Snecs) de Niamey.
«Le Snecs section de Niamey, décide de la levée du mot d’ordre de grève illimitée et invite par conséquent tous ses militants et toutes ses militantes à reprendre les cours à compter de ce jour 17 mars 2018», a annoncé le SNECS, dans un communiqué dont Anadolu s’est procuré copie.
Le snecs recommande de prendre toutes les dispositions pour rattraper le retard académique consécutif à cette grève.
Le Snecs rendait, ainsi, compte de ses négociations avec le gouvernement, à travers le ministère de l’Enseignement supérieur, aux termes desquels plusieurs engagements ont été pris pour le règlement du bras de fer qui oppose les enseignants aux étudiants.
Entre autres engagements, le gouvernement a promis de prendre des mesures pour «interdire toute forme de violence exercée par un individu ou groupe d’individus sur les espaces non couverts par les franchises universitaires dans les meilleurs délais».
S’agissant de la dissolution de la Commission des affaires sociales et de l’ordre (Caso) des étudiants, le gouvernement a estimé que «la Caso n’ayant pas de personnalité juridique, il s’agit plutôt de l’interdiction de toute forme de violence exercée par toute structure et/ou organisation sur le domaine universitaire».
Dans son communiqué, le Snecs a précisé qu’un comité sera mis en place pour veiller à l’application des différents engagements pris par le gouvernement.
Le syndicat a prévenu qu’en cas du non-respect des engagements pris par le gouvernement, il se réserve le droit de reprendre sa grève.
C’est le 20 février dernier que les enseignants de l’Université Abdou Moumouni de Niamey avaient entamé une «grève illimitée», suite à «l’agression» d’un de leurs camarades par des éléments de la Caso de l’UENUN qui avaient dressé une barrière pour faciliter la sortie des bus transportant les étudiants du campus.
Entre autres exigences, les enseignants avaient demandé la «dissolution pure et simple» de la Caso et «l’exclusion immédiate» des étudiants identifiés comme auteurs de «l’agression».
A travers plusieurs déclarations, l’UENUN avait rejeté les exigences formulées par le syndicat des enseignants.
Le mercredi 14 mars dernier, le Conseil de l’Université, la plus haute instance décisionnelle, avait décidé de «l’exclusion définitive» des facultés, écoles et instituts, des deux premiers responsables de l’UENUN et de trois autres de la Caso.
Dans une déclaration publiée le jeudi 15 mars, l’Union des scolaires nigériens (USN) avait condamné et fustigé des «mesures injustes, disproportionnées, illégales et arbitraires de l’exclusion définitive de l’Université Abdou Moumouni infligées aux responsables syndicaux de l’UENUN par le Conseil de l’Université».
Le principal syndicat des scolaires avait, par la même occasion, appelé toutes ses sections à manifester leur solidarité «militante et agissante» à l’UENUN, tout en les invitant «à rester vigilantes pour répondre aux éventuels mots d’ordre».
Pour de nombreux observateurs, le retour le 26 mars, des congés des pâques risque d’être agité dans le monde scolaire nigérien.