Lassaad Ben Ahmed
21 Février 2021•Mise à jour: 22 Février 2021
AA / Niamey / Kané Illa
La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) du Niger a annoncé la découverte de "faux bulletins" de vote dans le cadre du second tour de l'élection présidentielle, en cours, dimanche.
La Ceni a fait cette annonce dans un communiqué publié le jour du vote et consulté par l'agence Anadolu.
"La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a été informée de la circulation de faux bulletins de vote dont un exemplaire lui est parvenu. Ce faux bulletin provient d'un lot de mille (1000) bulletins produits dans un pays voisin et livrés à Koré Mairouwa pour le compte d'un militant d'un parti politique en compétition, dont la distribution a commencé dans plusieurs communes, notamment Dankassari,Dogon Kirya et Soucoucoutane dans la région de Dosso et Dabaga dans la région d'Agadez", a indiqué le communiqué signé par le président de la Ceni Issaka Souna.
"Ce bulletin manifestement n'est ni un spécimen, ni un bulletin de vote unique. Il est un faux évident", s'insurgeant "contre de telles manœuvres tendant à amener les citoyens à douter de la sincérité du scrutin".
Les opérations de vote pour le second tour de l'élection présidentielle du Niger ont démarré dimanche matin. Conformément au programme établi par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), les bureaux de vote ont ouvert à 08h (07hGMT).
Dans la capitale Niamey, le correspondant de l'agence Anadolu a constaté une grande affluence des électeurs devant les bureaux de vote, malgré un temps marqué par le froid et de la poussière.
En milieu de journée, aucun incident majeur n'a été signalé.
Le correspondant de l'agence Anadolu a consisté une présence massive des forces de l'ordre dans les différents bureaux de vote, ainsi qu'aux carrefours stratégiques de la capitale.
Plus de sept (7) millions d'électeurs sont appelés aux urnes dans plus de vingt-cinq (25) mille bureaux de vote répartis dans les huit régions du pays.
Ils vont choisir le futur président du Niger entre l'ancien ministre de l'Intérieur Bazoum Mohamed, candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA, au pouvoir) et l'ancien président de la République Mahamane Ousmane, candidat du Renouveau démocratique et républicain (RDR Tchandji, opposition). Les deux hommes sont arrivés en tête à l'issue du premier tour du 27 décembre dernier.
Selon les résultats définitifs proclamés par la cour constitutionnelle le 29 janvier, Bazoum a recueilli lors du premier tour 1.876.629 voix, soit 39,30%, contre 812.412 voix, soit 16,98% pour Mahamane Ousmane.
Dans le cadre du second tour, Bazoum Mohamed a bénéficié des soutiens de plusieurs candidats recalés au premier tour, dont les candidats du Mouvement national pour la société de développement (MNSD-NASSARA) Seini Oumarou et du Mouvement patriotique pour la République (MPR JAMAHORIYA) Albadé Abouba, arrivés troisième et quatrième avec, respectivement 428.083 voix (8,95%) et 338.511 voix (7,07%).
Mahamane Ousmane a aussi bénéficié du soutien d'autres candidats dont ceux du Mouvement patriotique nigérien (MPN KIISHIN KASSA) Ibrahim Yacoubou et du Parti pour la justice et le progrès (PJP Doubara) ayant obtenu 275.302 voix (5,38%) et 142.747 voix (2,98%).
L' Union Européenne, la Communauté des Etats sahelo-sahariens (CEN-SAD) et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (Cédéao) ont déployé de nombreux observateurs pour suivre le déroulement du scrutin. Si tout se passe normalement, c'est la première fois que le Niger va enregistrer une transition démocratique, avec le passage de témoin d'un président démocratiquement élu à un autre, depuis les premières élections démocratiques de 1993.