AA/Conakry/ Boussouriou Bah
Huit candidats seront en lice pour la présidentielle guinéenne du 11 octobre prochain, dont le président sortant Alpha Condé et le chef de file de l’opposition Mamadou Cellou Dalein Diallo, a-t-on appris mercredi de source responsable à la Cour Constitutionnelle guinéenne.
A la fin des dépôts de candidatures, fixé mardi, la Cour Cinstitutionnelle guinéenne a recensé huit candidatures qui comptent les principales figures de l'opposition en plus de quelques nouveaux noms et d'une femme, selon la même source qui a requis l'anonymat, n'ayant pas été autorisée à s'exprimer aux médias.
En effet, Mamadou Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition et président de l’union des forces démocratique de Guinée (UFDG), ainsi que deux autres leaders de l'opposition: Sidya Touré, président de l’Union des forces républicaines (UFR) et Lansana Kouyaté, président du parti de l’espoir national et du développement (Pedn), figurent parmi les candidats.
Lors du dépôt de sa candidature, mardi, Marie Madeleine Dioubaté, la seule femme candidate, a déclaré à Anadolu qu'elle vise à ‘’relancer l’économie guinéenne en misant sur l’agriculture et les mines et "promis si elle est élu de "rendre aussi la scolarisation obligatoire pour tous les enfants âgés de 6 à 16 ans’’.
Le président sortant Alpha Condé, candidat à sa propre succession au nom du parti Rassemblement du Peuple de Guinée (Rpg-arc-en-ciel), avait annoncé jeudi dernier que toute les conditions sont réunies pour une élection ‘’libre et transparente’’.
Interrogé récemment par Anadolu sur la transparence de l’élection présidentielle, Sidya Touré a indiqué que si les accords politiques sont respectés l’élection sera transparente. ‘’Pour le moment, il n’est pas encore question de boycotter l’élection présidentielle. Mais nous allons tout faire pour ramener le gouvernement à respecter les accords‘’ liés à l'intégrité du processus électoral, a-t-il souligné.
Contrairement à celle de 2010 qui a brassé 24 candidats, la présidentielle de 2015 n'en a mobilisé que huit.
Depuis le mois d'avril dernier, la capitale guinéenne a connu une série de manifestations intermittentes organisées par l’opposition qui conteste le calendrier électoral établi par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et qui prévoit la tenue de l’élection présidentielle le 11 octobre et des locales en 2016, alors que celles-ci n'ont pas été organisées depuis 2010.
Pour l'opposition, ce calendrier "sert les intérêts d'Alpha Condé", le président guinéen, dans la mesure où les élus locaux, dont les mandats ont pris fin depuis décembre 2010, ont été remplacés, par Condé par des hommes de son parti qui pourraient fausser les élections présidentielles à sa faveur, avait indiqué, en avril dernier, Cellou Dalein Diallo.
Outre le calendrier électoral, l'opposition guinéennen conteste la composition de la commission électorale Nationale Indépendante (Ceni), accusée d'être "favorable au régime", ainsi que le fichier électoral, suspecté de "gonfler" le nombre d'électeurs potentiels dans les zones où Condé bénéficie, déjà, d'un appui considérable.