Nadia Chahed
05 Septembre 2017•Mise à jour: 05 Septembre 2017
AA/ Niamey /Kané Illa
La rentrée académique n’a pas eu lieu, lundi, à l’université Abdou Moumouni de Niamey, a rapporté mardi la télévision privée Bonferey.
"La rentrée académique à l’université Abdou Moumouni n’a pas eu lieu ce lundi 4 septembre".
L’Union des étudiants nigériens à l’université de Niamey (UENUN) a lancé un mot d’ordre de boycott de cette rentrée pour 48 h, afin de protester contre la non-satisfaction de ses revendications par le gouvernement, a précisé la même source.
Selon Kaïla Salha, secrétaire général adjoint du syndicat des étudiants, ces revendications concernent le payement de la bourse du troisième trimestre de l’année en cours, l’achèvement des chantiers de construction des amphithéâtres et des salles de cours, ainsi que le versement d’une aide sociale aux étudiants non bénéficiaires de la bourse.
«La construction des amphithéâtres, démarrée il y a plus de 7 ans, n'a toujours pas été achevée. Nous avons décidé de boycotter la rentrée parce que pour nous il est inacceptable que les étudiants reprennent les chemins des univesrité dans ces conditions", a-t-il insisté dans une déclaration à la télévision Bonferey.
Et le leader syndical de prévenir que si le gouvernement ne réagit pas dans les 48 h, son syndicat aura recours à d’autres moyens pour se faire entendre, sans toutefois préciser lesquels.
Ni le gouvernement, ni les autorités universitaires n’ont fait de déclaration sur le blocage de la rentrée par les étudiants.
L’achèvement des chantiers de construction des amphithéâtres et le versement de l’aide sociale aux étudiants non-boursiers, figuraient déjà parmi les revendications de l’UENUN lors de la contestations 10 avril dernier qui a été violemment dispersé par les forces de l’ordre.
L’étudiant Mallah Kelloumi Bagalé avait trouvé la mort lors de ce mouvement. Le gouvernement avait soutenu que cette mort était due à «une chute libre sur une pierre».
Le syndicat des étudiants et plusieurs organisations de défense des droits de l’homme avaient rejeté cette thèse et exigé la mise en place d’une commission d’enquête indépendante.
Cette dernière a conclu, le jeudi 21 août dernier, que l’étudiant Mallah Bagalé «a été victime du tir d’un projectile d’un élément non identifié de la Gendarmerie».
Un autre étudiant arrêté avait subi des actes de violence de la part de trois policiers. Livrés à la justice par leur hiérarchie, ils ont été condamnés, le 29 août dernier, à une peine d’un an de prison ferme et une amende de 5 millions de francs CFA (10.000 USD) chacun.