Lassaad Ben Ahmed
29 Décembre 2019•Mise à jour: 30 Décembre 2019
AA / Niamey / Illa Kané
Les autorités nigériennes ont interdit, dimanche, des manifestations de «soutien à l’armée» et de protestation contre la présence des bases militaires au Niger, programmées par des organisations de la société civile, a appris Anadolu d’une source proche de ces organisations.
«Toutes les manifestations prévues sur l’ensemble du territoire ont été interdites», a indiqué Maikoul Zodi, coordonnateur national du mouvement «Tournons la page», dans une déclaration à Anadolu.
Les manifestations visaient à apporter un soutien à l’armée nigérienne dans la lutte contre le terrorisme et à protester contre la présence des bases militaires au Niger, sont interdites a précisé la même source.
A Niamey, le correspondant d’Anadolu a constaté une présence massive des forces de l’ordre aux différents endroits où les manifestations devaient se dérouler, notamment la «Place Toumo» où une marche devait débuter et la «Place de la concertation» située devant l’Assemblée nationale, où un meeting allait se tenir.
«Les autorités de Niamey ont évoqué le risque de trouble à l’ordre public pour interdire notre manifestation. Mais nous sommes convaincus que cette interdiction est liée à l’engagement du président de la République Issoufou Mahamadou de ne plus accepter des manifestations contre les forces alliées», a affirmé Maikoul Zodi.
Dans une déclaration publiée dimanche et dont Anadolu a reçu copie, les organisations de la société civile de Maradi, au centre du Niger, ont indiqué que les autorités locales ont interdit une «prière collective» qu’elles ont voulu organiser dans le cadre des manifestations de «soutien à l’armée » et contre la présence des forces étrangères.
Dimanche dernier, une autre manifestation projetée par la société civile avait été interdite à Niamey. L’interdiction des manifestations de la société civile intervient dans un contexte où les attaques terroristes prennent de plus en plus d’ampleur au Niger.
Le 10 décembre courant, une attaque a visé le poste militaire d’Inatès, près de la frontière malienne, faisant 71 morts parmi les militaires nigériens, selon un bilan officiel.
Mercredi dernier, une escorte convoyant des agents chargés du recensement électoral est tombée dans une embuscade dans la localité de Sanam, toujours près de la frontière malienne.
Quatorze (14) militaires nigériens ont été tués et un autre est porté disparu. Dans la nuit de samedi à dimanche, un poste de police a été attaqué dans la localité de Komabangou, près de la frontière avec le Burkina Faso.
Des sources non officielles font état de la mort d’un policier.
Du fait de la multiplication de ces attaques, des organisations de la société civile critiquent ouvertement la présence des bases militaires étrangères au Niger, dont celles françaises, qu’elles qualifient d’inutiles dans la lutte contre le terrorisme.