Nadia Chahed
25 Mai 2019•Mise à jour: 27 Mai 2019
AA/Niamey/Illa Kané
Des milliers d’élèves et d'étudiants ont manifesté, samedi, à Niamey, la capitale du Niger, appelant les autorités à "sauver" l’année scolaire en cours sur fond de grèves à répétition, du corps enseignant, a constaté le correspondant d'Anadolu sur place.
Les jeunes manifestants ont également dénoncé la présence de bases militaires étrangères au Niger.
"Nous sommes sortis attirer l’attention du gouvernement sur les menaces qui pèsent sur le sort de l’année scolaire et académique, du fait des grèves des enseignants, notamment ceux des universités publiques", a précisé Abdou Moussa, membre de l’Union des scolaires nigériens (Usn), le Syndicat des élèves et étudiants du Niger, dans une déclaration à Anadolu.
"Notre manifestation vise aussi à apporter un soutien moral à l’armée nigérienne dans son combat contre le terrorisme et à protester contre la présence des bases militaires étrangères dont nous ne voyons l'utilité dans notre pays", a-t-il ajouté.
Rassemblés pendant plusieurs heures devant le siège de l’Assemblée nationale, les manifestants ont scandé des slogans et brandi des pancartes, où ils ont dénoncé la présence "massive et intitule" des bases militaires étrangères au Niger.
Des manifestations semblables ont été organisées dans d'autres villes du Niger.
Les autorités nigériennes n'ont de leur côté fait aucune déclaration au sujet de ces manifestations.
Ces manifestations interviennent à quelques jours de l’attaque du 14 mai dernier contre une patrouille de l’armée nigérienne près de la frontière avec le Mali et dont le bilan a été de 27 morts parmi les militaires.
L'attaque avait été revendiquée deux jours plus tard par Daech.
Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la migration irrégulière, plusieurs pays occidentaux ont établi des bases militaires au Niger. Il s’agit notamment de la France, de l’Allemagne et des Etats-Unis.
Des partis de l’opposition et une partie de la société civile critiquent régulièrement la présence de ces bases militaires qu’elles assimilent à une forme de "recolonisation" déguisée.
Le gouvernement a, pour sa part, toujours avancé que ces bases militaires étrangères apportent un appui inestimable à l’armée nigérienne en matière de lutte contre le terrorisme.