Nadia Al Chahed
19 Septembre 2016•Mise à jour: 19 Septembre 2016
AA/Niamey/Balima Boureima
Au Niger, deux jours après la fête de l’Aid al-Adha (Tabaski) l’heure est à l’écoulement des peaux des bêtes sacrifiées. Une source de revenu pour plusieurs jeunes et même d'ONG locales.
Sur une grande artère du marché Katako à Niamey, la capitale, des centaines de peaux, généreusement saupoudrées de sel, s'entassaient, jeudi dernier, des deux côtés de l’allée.
Commerçants et jeunes garçons, dont certains ne dépassent pas les 12 ans d'âge, s'affairaient tout autour et discutaient des prix.
Les peaux de moutons et de chèvres sont vendues à environ 250 Fcfa (0,40 dollar) la pièce à des intermédiaires qui les revendent à des grossistes, explique à Anadolu un jeune vendeur.
La vente est exclusivement assurée par des enfants dans la mesure où la religion interdit à celui qui fait un sacrifice de vendre la moindre partie de la bête.
"Contrairement aux autres années où le prix des peaux pouvaient atteindre jusqu'à 2000 et 3000 Fcfa (3,4 à 5,13 dollars) cette année, il n'a pas dépassé les 0,40 dollars la pièce", a indiqué à Anadolu, Abdoul-Hayou Issoufou, un acheteur ambulant de peaux de moutons ajoutant que les peaux achetées auprès des enfants sont ensuite revendues à des grossistes à un prix variant entre 400 et 500 FCFA (entre 0,68 et 0,87 dollar).
Ce sont surtout des grossistes nigérians qui viennent collecter ces peaux de moutons, "nous les transformons en cartables et d’autres produits utilitaires en cuir", explique Mohamed Hachirou venu de Kano, dans le nord du Nigéria.
Par ailleurs, plusieurs ONG locales profitent de la fête de Tabaski, pour lancer des appels de collecte de peaux, un moyen pour elles de s'assurer une source de financement conséquente bien que conjoncturelle.
Tel est le cas de l’association des étudiants musulmans à l’université de Niamey.
"Nous sommes à notre troisième collecte de peaux de bêtes sacrifiées. Nous appelons les volontaires à nous ramener celles dont ils n'ont pas besoin que nous vendons ensuite à des grossistes", indique Mainassara Zakou, un des responsables de l’association, ajoutant que cette année l'ONG a d'ores et déjà collecté 250 peaux.
"L'argent que nous collectons nous sert, notamment, à réhabiliter les centres de formation islamique que nous avons au niveau de l’université de Niamey et de venir en aide aux personnes nécessiteuses", ajoute la même source.