Lassaad Ben Ahmed
04 Février 2021•Mise à jour: 04 Février 2021
AA / Kané Illa
Le gouvernement malien a dissout la commission électorale nationale indépendante (Ceni), a-t-on appris de sources médiatiques locales, jeudi.
"Au moment où la pression s’accentue pour la mise en place d’un organe unique de gestion des élections, le gouvernement, à travers le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, a annoncé, hier mercredi, l’abrogation du décret de nomination des membres de la Ceni", a rapporté le journal malien "L'Indépendant".
"Le mardi 2 février, le président de la CENI, Amadou Bah, a reçu un courrier du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation transmettant le décret de dissolution de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI)", a ajouté la même source.
Cette décision remonte, au fait, au 8 janvier dernier, rappelant que la commission électorale est composée d'une quinzaine de membres issus des partis politiques, de la société civile, de l'ordre des avocats et de la magistrature.
En outre, a rappelé la même source, la Ceni participe à l'organisation des élections avec le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et la Direction Générale aux Élections (DGE). Le média en ligne "Maliactu" rapporte, de son côté, que le mandat de la commission électorale dissoute a expiré depuis le 31 juillet dernier.
Toutefois, la décision du gouvernement répond à une demande forte de classe politique et de la société civile maliennes, ainsi que de la communauté internationale, notamment la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (Cédéao), relative à la nécessité de la mise en place d'un organe unique de gestion des élections comme une des solutions de sortie de la crise sociopolitique qui avait mené au coup d'État du 18 août 2020.
La dissolution de la commission électorale intervient quelques jours seulement après la celle du Comité national de la transition (CNT), organe militaire mis en place après le coup d'État, et dont la dissolution avait aussi été demandée par la Cédeao.