Mohamed Hedi Abidellaoui
28 Juin 2017•Mise à jour: 28 Juin 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
La justice congolaise a relâché, mercredi, quatre artistes peintres interpellés vendredi dernier lors d’une manifestation contre les « massacres » des civils dans le territoire de Beni et la région du Kasaï en République démocratique du Congo (RDC), a appris Anadolu de sources concordantes.
"Ils ont été libérés dans l’après-midi après paiement d’une caution de 70 000 francs congolais (près de 50 dollars américains)", a déclaré sous couvert d’anonymat un avocat qui a requis l’anonymat ajoutant que les charges n’ont pas été abandonnées contre eux.
"Nous nous réjouissons de leur libération mais nous demandons l’abandon des charges contre eux car ils n’ont commis aucune infraction", a déclaré à Anadolu Freud Bauma, l’un des communicateurs de la "Lutte pour le Changement" (Lucha), le principal mouvement citoyen en RDC.
Lundi, la justice congolaise exigeait une caution de 800 dollars pour relaxer les 4 peintres et activistes de la ville de Goma. La Lucha qualifiait cette caution de "marchandage judiciaire".
Visages et habits enduits de peinture rouge, les quatre artistes peintres portaient sur eux des croix où on pouvait lire "Kasaï" et "Beni" et s'étaient allongés sur le trottoir près d'un terminus à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu (Est).
"Sans bouger, ni parler, les yeux fermés comme des morts, ils attiraient la curiosité de nombreux passants", selon plusieurs témoins joint au téléphone par Anadolu. Ils ont alors été interpellés par la police pour " trouble à l’ordre public" et sont poursuivis par la Justice pour "rébellion" et "incitation à la désobéissance civile".
Le territoire de Beni (Est) a connu depuis octobre 2014 une série de massacres contre plusieurs centaines de civils, attribués par Kinshasa et les Nations unies à la rébellion ougandaise des Forces démocratiques alliées (ADF), retranchée dans l’est congolais depuis plus de deux décennies.
La région du Kasaï, dans le centre du pays, est, quant à elle, en proie à des violences qui opposent depuis près d’une année les forces de l’ordre aux partisans d’un influent chef traditionnel tué par la police à Tshimbulu, une ville de la province du Kasaï-central.