Lassaad Ben Ahmed
01 Octobre 2017•Mise à jour: 01 Octobre 2017
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Au moins sept personnes ont été assassinées à travers le pays durant la semaine du 23 au 30 septembre, a révélé un rapport de SOS-Torture, dimanche et dont Anadolu a reçu une copie.
SOS Torture évoque, par ailleurs, dans son rapport dix cas d’arrestations arbitraires et une personne enlevée et portée disparue. Selon cette organisation, les victimes sont principalement des opposants au 3ème mandat de Pierre Nkurunziza, des retraités de l’armée, voire des jeunes affiliés au parti présidentiel qui osent dénoncer les violations des droits humains.
Elle déplore l’impunité dont jouissent les présumés auteurs de ces crimes constitués principalement des jeunes affiliés au parti au pouvoir, certains agents du service national de renseignement (SNR) ainsi que certains policiers proches du pouvoir.
Avec l’objectif d’informer sur les violations graves des droits de l’homme, SOS-Torture a été créée après le carnage d’une centaine de personnes des quartiers contestataires, au cours de la journée du 11 décembre et celle du 12 décembre 2015 par certains «policiers» sous prétexte de poursuivre des rebelles qui venaient d’attaquer des camps militaires situées à la périphérie de la capitale.
Cette organisation se dit, en outre, inquiète de la restriction des libertés publiques. Ainsi, ce rapport revient sur la suspension temporaire de la radio privée CCIB Fm+ ainsi que le retrait définitif du droit d’émettre, imposé à trois autres médias privés (Bonesha Fm ; Radio Publique Africaine (RPA) et la Radio-télévision Renaissance), détruits par les agents de sécurité de l’Etat en 2015.
«Ces décisions prises par le Conseil National de la Communication confirment la volonté du gouvernement de museler progressivement la presse au Burundi, entamée depuis le début de la crise en 2015», en déduit-elle.
Pour SOS-Torture, la fermeture, la destruction des locaux des médias et l’exil forcé de nombreux journalistes ainsi que les contraintes de travail très difficile des médias au Burundi ne laissent présager aucune lueur d’espoir quant au respect de la liberté de la presse.
L'ONG rappelle, en outren que le rôle du CNC est de réguler et de promouvoir la liberté de la presse. En prenant de telles décisions, insiste-t-elle, cet organe a démontré qu’il agit sur injonction du pouvoir exécutif.
Le Burundi est secoué par une grave crise-politique et sécuritaire, il y a plus de deux ans, née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3eme mandat contesté par l’opposition et la société civile.
Les violences consécutives ont déjà fait plus d’un millier de morts, de disparus et ont poussé plus de 420 mille burundais à l'exil, d'après l'ONU.