Lassaad Ben Ahmed
01 Octobre 2017•Mise à jour: 01 Octobre 2017
AA/Yaoundé/Aurore Bonny
Les populations camerounaises sont en alerte dimanche, du fait de la volonté des sécessionnistes d’établir l’indépendance du Cameroun anglophone, a constaté la correspondante d’Anadolu à Yaoundé.
La date du 1er octobre choisie pour déclarer l’indépendance des régions anglophones est symbolique. C’est en effet la date de la réunification du Cameroun anglophone et francophone qui remonte à 1961.
Ainsi, un climat de haute tension régnait depuis dimanche matin sur le territoire camerounais. Les forces de l’ordre sont fortement déployés dans les zones anglophones et même les principales agglomérations du pays.
Le bataillon d’intervention rapide (BIR) spécialisé dans la lutte contre le terrorisme a également été dépêché sur le terrain. Il s’agit d’une forte mobilisation qui encadre, sans empêcher, les mouvements de quelques manifestants anglophones.
A Buea, ville du Sud-Ouest du Cameroun, les populations ont hissé les drapeaux de «l’Etat d’Ambazonie» ( nom donné au futur Etat abglophone indépendant) dans toutes les rues et se disent décidées à obtenir leur indépendance.
«La situation est très tendue ici, les séparatistes ont hissé les drapeaux partout et sont prêts à tout pour que cette indépendance soit effective», s’inquiète Louise. B, une habitante de Buea jointe par Anadolu.
Il faut, cependant, préciser que tous les anglophones ne sont pas partisans de la sécession et pour le faire savoir, certains brandissent des feuilles de rameaux pour symboliser leur attachement à la paix.
S’exprimant dans un entretien téléphonique avec Anadolu, Kah Wallah leader politique au sein du Cameroon people’s party (Parti camerounais) a qualifié la situation de «très tendue» et s'est dit très préoccupée par la sécurité des habitants des régions anglophones.
Pendant ce temps, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir organisait à Douala ( capitale économique) une marche «pour la paix et l’unité».
«Je condamne de façon énergique tous les actes de violence, d’où qu’ils viennent, quels qu’en soient les auteurs […]. Que l’on se comprenne bien, il n’est pas interdit d’exprimer des préoccupations dans la République. En revanche, rien de grand ne peut se construire dans la surenchère verbale, la violence de la rue et le défi à l’autorité. Seul le dialogue serein permet de trouver et d’apporter des solutions durables aux problèmes.», a réagit pour sa part, Paul Biya le chef d’Etat Camerounais, dans un message partagé sur les réseaux sociaux.
Tandis qu’à Yaoundé, les parlementaires camerounais se sont réunis au niveau du site du monument de la liberté pour célébrer cette journée historique et marquante de l’indépendance du Cameroun.