AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
‘’La Turquie ne permettra pas que son processus d’adhésion soit dominé par la volonté de l’administration chypriote grecque’’, a affirmé le ministre turc de l'Union européenne (UE) Volkan Bozkir, à l’égard d’une pétition que les chypriotes grecs envisagent de déposer jeudi lors de la réunion du conseil européen à Bruxelles en vue de bloquer le processus d’adhésion de la Turquie.
Volkan Bozkir s’est exprimé mardi sur l’évolution du processus d’adhésion de la Turquie à l’UE lors de sa rencontre avec les ambassadeurs luxembourgeois, allemand et roumain, Arlette Conzemius, Eberhard Pohl et Radu Onofrei.
Il a insisté pour que les dirigeants des pays membres de l’UE refusent la demande des chypriotes grecs, ajoutant que ‘’L’UE remplira ainsi ses obligations envers la Turquie’’.
L’administration chypriote avait unilatéralement quitté les pourparlers avec la République turque de Chypre du nord, le 8 octobre, en réaction au déploiement des navires de combat turcs dans la zone de recherche de gaz au large de l'île.
S’exprimant, par ailleurs, sur la récente évaluation de la Commission européenne vis-à-vis du dialogue sur les visas, Bozkir a souligné que l’accord de réadmission UE-Turquie, entré en vigueur le 1er octobre, ‘’va de pair avec le dialogue’’.
La Turquie se réserve le droit de révoquer les dispositions de l’accord de réadmission si la Commission émet un avis défavorable d’ici 2017 sur l’abolition du régime des visas pour les citoyens turcs, a rappelé le ministre tout en informant que la procédure avance d’une manière ‘’rapide et positive’’ pour le moment.
La Commission européenne avait lancé en décembre 2013 un dialogue sur la libéralisation du régime des visas avec la Turquie, en parallèle à la signature de l’accord de réadmission. Dans le cadre du dialogue, la Turquie doit améliorer la qualité de ses politiques dans les domaines de la migration, de la sécurité internationale, de la gestion des frontières et des visas, ainsi que de la coopération transfrontière avec l’UE.
Interrogé sur la conformité des récentes réformes sécuritaires mises en place par la Grande Assemblée nationale turque à l’acquis communautaire de l’UE, Bozkir a rappelé que la série de lois avait été rédigée en coopération entre les Ministères de l’Intérieur et de l’Union européenne.
Les amendements prévoient la mise sur écoute des personnes suspectées de crime contre la sécurité de l'État. Le tribunal ou le juge pourra aussi ordonner l'identification des contacts de la personne suspecte ou inculpée au moyen des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). Le procureur pourra aussi ''écouter et enregistrer'', ''désigner un enquêteur privé'' et ''mettre les suspects sous surveillance."