Zuhal Demirci,Tuğçenur Yılmaz,Tuncay Çakmak
21 Juin 2018•Mise à jour: 22 Juin 2018
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc des affaires de l’Union Européenne (UE), Omer Celik, a estimé que si les pays européens ne luttent pas efficacement contre la montée du racisme et de la xénophobie sur leurs terres, l’extrême-droite sera le Daech de l’Europe.
Celik était l’invité, jeudi, de la Table des éditorialistes de l’Agence Anadolu (AA).
Il a commenté l’actualité nationale et internationale, et a répondu aux questions des journalistes.
Le ministre a d’abord voulu passer un message aux pays européens qui font face à la montée en force des partis d’extrême-droite.
"Les gouvernements européens seront confrontés à une réalité telle que Daech sur le sol, s’ils continuent d’ouvrir le chemin à la hausse de l’extrême-droite, un poison pour leur propre peuple", a-t-il averti.
Par ces mots, Omer Celik a dénoncé les interdictions de manifestations imposées au gouvernement turc par plusieurs pays européens, alors que ces mêmes pays ont et autorisent les partis pro-PKK (organisation terroriste reconnue par l’UE) à le faire en toute liberté.
Le ministre a poursuivi sa critique à l’encontre de l’Europe et des pays européens, les accusant de ne pas respecter leurs engagements et les accords.
Il a expliqué que l’UE ne respecte pas l’accord du 18 mars signé avec Ankara sur la question des migrants et des réfugiés syriens.
"Et maintenant ils donnent des leçons d’éthique et de politique au Président américain Trump qui a retiré son pays de l’accord sur le nucléaire iranien. L'UE n'est pas en mesure de donner à d'autres des leçons de respect des accords", a-t-il dénoncé, tout en soulignant que l’agissement de Trump n’est pas défendable.
Celik a également commenté le vote lundi du sénat américain en faveur de restrictions fermes à la vente d’armes à la Turquie, alors que la livraison des avions de chasse F-35 doivent se faire ce jeudi.
"Le lobby évangélique cherche à faire de cette question un sujet de chantage politique", a-t-il soutenu.
Pour finir, commentant la campagne électorale en cours en Turquie pour les élections du 24 juin, le ministre des affaires de l’UE a seulement répondra à ceux qui accusent le Président de la République, Recep Tayyip Erdogan, d’être un dictateur.
"Les dictateurs se cachent derrière les chars face au peuple. Alors que notre Président de la République se dresse devant les chars et les fusils", rappelant ainsi sa posture face aux putschistes du 15 juillet 2016.