AA / Gagnoa (Côte d’Ivoire)/ Fulbert Woile
Malgré la virulence du virus Ebola, une partie de la population ivoirienne, ne semble pas s’inquiéter outre mesure des risques de propagation de l’épidémie venant de la Guinée Conakry et du Libéria, deux pays frontaliers, victimes de l'épidémie, continuent de consommer de la viande de brousse, pourtant interdite (par précaution)depuis mars dernier, pourtant interdite par les autorités sanitaires ivoiriennes.
Quatre mois après l’interdiction et alors que des kilos de viandes ont été incinérées dans plusieurs villes du pays, nombreux sont ceux qui ne respectent pas les mesures préconisées par le gouvernement, a pu constater un correspondant de Anadolu.
A Gagnoa, petite ville du centre ouest, vente et consommation de la viande de brousse se poursuivent dans la discrétion.
« Oui, j’avoue manger de la viande de brousse », a révélé, Sylvain Djeh, un chauffeur de taxi , à la sortie d’un restaurant où il venait de consommer en cachette un agouti, gros rongeur de brousse.
« Je suis convaincu qu’Ebola ne peut rien me faire. Tout ce qui est dit à la télévision est faux, moi je ne crois pas en cette maladie », s’est-il justifié avant de confier que les restaurateurs par crainte d’être arrêtés, ne vendent de la viande qu’à quelques privilégiés.
Depuis l'application de l’interdiction de vente, les agents de l'Etat (services d'hygiène) patrouillent régulièrement dans le pays, mais, de telles scènes semblent récurrentes dans les quartiers de la ville, a expliqué à Anadolu un des agent de l'administartion des eaux et forêts, sous couvert d'anonymat.
«On essaye de faire notre travail. Mais sachez que c’est très difficile. J’ai une fois surpris un monsieur qui était en train d’acheter un rat (gros rongeur des forêts) au quartier Dioulabougou. Il s’est d’ailleurs enfui après m’avoir vu. Ceci dit, nous avons pu mettre la main sur le vendeur qui est actuellement entre les mains des forces de l’ordre », poursuit l’agent.
Helene Kouadio, une commerçante grossiste, également interrogée, affirme de son côté que des chasseurs continuent de vendre la viande de brousse sur les routes ivoiriennes.
« Afin d’éviter d’être arrêtés, les chasseurs cachent généralement les animaux dans des sacs qu’ils proposent aux clients d’un signe de la main au passage de votre véhicule », révèle Kouadio, qui dit avoir fait ce constat vers la ville de Ndranouan (sud).
« Il n’existe aucun contrôle aux différents corridors. Lorsque vous arrivez aux péages, une fois que vous payez, on vous laisse passer sans chercher à savoir ce que vous transportez », ajoute-t-elle.
Avant cette crise sanitaire, de 6h à 21h, les Ivoiriens, de la classe moyenne, ceux des quartiers populaires mais aussi ceux de la diaspora en France et aux Etats-Unis passaient fréquemment leurs commandes chez les commerçantes (la vente étant la chasse gardée des femmes -les hommes s'occupant de la chasse du gibier) et cette activité permettait à des milliers de familles d'être financièrement autonomes.